mercredi 15 novembre 2006

Crooked Still - Ollabelle - The Duhks

Alors que le New-York Times consacrait récemment un article à la nouvelle vague de musiciens old-time, gros plan sur 3 de ses représentants les plus en vue, par ordre d'intérêt croissant.

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The Duhks

Ce groupe canadien qui en est déjà à son 3ème album bénéficie de la force de frappe du label Sugar Hill qui rêve sans doute d'en faire les nouveaux Nickel Creek. La particularité des Duhks réside dans la voix soul de Jessica Havey. Une voix soul à qui, selon moi, il manque un supplément d'âme. La violoniste Tania Elisabeth rattrape le coup in-extremis sur Three Fishers et l'album offre au moins un titre enthousiasmant, le cajun Down To The River, chanté par Leonard Podolak.

The Duhks - Down To The River (MP3)
Achetez Migrations (2006, Sugar Hill)

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Ollabelle

Plus intéressant, Ollabelle a reçu les louanges d'Elvis Costello, bénéficié des services de T-Bone Burnett à la production, et compte parmi ses rangs rien moins que la fille d'un certain Levon Helm (The Band). Voilà une bien belle carte de visite me direz-vous, mais là n'est pas l'essentiel. Ollabelle a surtout le talent de révéler des traditionnels sous un nouveau jour et de composer des originaux au carrefour de la country, du bluegrass et du gospel. Riverside et son entrelacement de voix sublimes en est peut-être le plus bel exemple.

Ollabelle - Riverside (MP3)
Achetez Riverside Battle Songs (2006, Verve Forecast)

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Crooked Still

Venons-en à mes préférés du lot, les Crooked Still. Leur 2ème album, Shaken By A Low Sound, débute sur une reprise du Can't You Hear Me Calling? de Bill Monroe qui donne le ton : ce standard du bluegrass traditionnel se retrouve joliment toiletté. Et c'est le même traitement singulier qui est offert aux 9 autres traditionnels qui compose le disque. L'originalité du son est sans doute à trouver du côté du violoncelle, un instrument plutôt incongru dans une formation old-time, que prend en main Rushad Eggleston. Le banjo est tenu par Greg Liszt, par ailleurs invité sur les Seeger Sessions de Bruce Springsteen. Tandis qu'Aoife O'Donovan s'occupe de chanter, tâche dont sa voix cristalline s'acquitte avec brio. Une seule composition originale sur cet album mais assez de talent et de caractère pour faire de Crooked Still LE groupe old-time à suivre.

Crooked Still - Wind And Rain (MP3)


Achetez Shaken By A Low Sound (2006, Signature Sounds)

mardi 7 novembre 2006

Toy Fight, l'interview

Groupe mort-né, collectif, secte?... trop c'est trop, il était temps de lever le mystère sur ce phénomène baptisé Toy Fight. N'écoutant que mon courage, j'endosse ma casquette d'intervieweur choc! Bientôt le trio auteur du brillant Anagram Dances n'aura plus de secret pour vous...



1. Commençons par le commencement... à quand remontre votre 1er contact

avec la musique?

David : ouh la... euh, alors soit on remonte à l'écoute infligée par le milieu familial de l'intégrale de Brassens en boucle en période de puberté ( vaguement traumatisant ) soit je dirai, plus simplement que c'est au moment où j'ai découvert Comelade. Mise à part la fascination totale que j'avais pour sa musique, c'est à travers lui, ses références, ses reprises, ses interviews, que je me suis constitué une "culture" musicale et que j'ai commencé à faire collection de guitares en plastiques.
Seb : Pour moi, je dirais Cat Stevens et JJ Cale que mettait mon père avant de m'emmener à l'école maternelle. Et pour ce qui est de mes premiers véritables "choix musicaux", je dois avouer avoir été un grand fan de Pearl Jam de 12 à 18 ans... Autant dire que les deux autres n'ont jamais vraiment partagé cette inclination...
Maxime : C’est le moins qu’on puisse dire! Bon, en même temps, c’est vrai que j’ai rien à dire, puisque j’ai découvert la musique (et la pop en même temps) avec l’achat de (What’s The Story?) Morning Glory d’Oasis. Pendant toute la période de l’adolescence, j’étais à fond dans Oasis, et donc par définition absolument anti-Blur. Aujourd’hui, j’avoue que j’étais dans l’erreur. Mais je ne peux pas m’empêcher de conserver un fond de sympathie pour ces crétins de Gallagher. Même au pire moment du solo de The Hindu Times...
David : Il nous reste encore quelques lecteurs là ?

2. Quelle est votre formation musicale?

David : Alors là ça va aller vite: néant. En tant que Comeladien intégriste et vaguement snobinard de 14 ans je trouvais cela extrêmement surfait d'apprendre à jouer de la guitare correctement. Bon, résultat je ne sais ni lire ni écrire la musique et je ne connais la plupart du temps pas le nom des accords que je joue, mais à la différence d'il y a quelques années, parfois, je culpabilise...
Seb : Trois mois de conservatoire, quelques cours particuliers de piano et de guitare. Disons que par rapport à David qui est purement autodidacte, c'est un peu comme si j'avais ma médaille de solfège...
Maxime : ...et par rapport à moi aussi! Car même si j’ai pris des cours particuliers de piano pendant neuf ans, j’ai toujours refusé (bêtement ou pas, c’est selon) d’apprendre la moindre notion de solfège. Autant dire qu’aujourd’hui, la notion de rythme conserve toujours une part de mystère à mes yeux...

3. Quelles sont vos influences musicales? Quel rôle ont-elles joué dans
l'élaboration de l'album?

David : J'ai l'impression qu'il y a comme deux groupes distincts d'influences pour nous. Il y a d'un côté celles qui s'entendent et se reconnaissent clairement à travers nos chansons: je pense à Belle & Sebastian, Pascal Comelade (promis c'est la dernière fois que j'en parle), les premiers Brian Eno, The Boo Radleys, New Order, les Magnetic Fields ou les Zombies, et d'un autre côté tout un ensemble de groupes que l'on admire, que l'on a énormément écoutés mais qui ne s'entendent pas. Maxime et moi, par exemple, vouons un véritable culte depuis quelques années à Neutral Milk Hotel ou Mark Hollis, or on ne peut pas dire que leur incidence sur nos chansons soit flagrante! De même le nom du groupe - Toy Fight - vient d'une chanson d'Arab Strap, un groupe que l'on adorait tous les trois au moment où l'on a commencé à jouer ensemble mais qui n'a strictement rien à voir avec notre musique. Enfin, en ce moment je traverse une phase complètement obsessionnelle sur les travaux de Madlib mais je dois bien être le seul à voir le rapport avec Toy Fight... Si on aime tous ces artistes j'ai l'impression que c'est à chaque fois pour des raisons bien spécifiques, ce n'est pas parce qu'il colleraient tous à une certaine "couleur" pop qui nous attire. Je crois que souvent les influences les plus importantes sur ce que tu fais ne sont pas nécessairement celles que tu intègres à ton travail. C'est très important de travailler avec des oeuvres que tu ne tentes pas de t'approprier, qui restent essentiellement extérieures à ce que tu fais.
Seb : C’est tout à fait vrai, et fort bien dit ! Après, si j’étais laissé à moi-même, je pense que j’écrirais exclusivement des chansons acoustiques à la Kings Of Convenience, en singeant la voix de Stuart Murdoch, et en essayant d’écrire des textes ne lui arrivant ne serait-ce qu’à la cheville. Mais – heureusement – le fait de travailler avec Maxime et David a rendu ces influences beaucoup moins prégnantes… Sinon, globalement je pense qu’on est allé piocher des idées chez des groupes assez divers, de sorte que si la musique de Toy Fight a des faiblesses (et elle en a évidemment), ce n’est en tous les cas pas de sonner comme une pâle copie de tel groupe ou de tel artiste …
Maxime : Seb arrête de te flageller comme ça! Pour ma part j’irais même jusqu’à dire qu’à chaque fois que nous avons tenté d’évoquer “explicitement” telle référence, ou de prendre une direction bien précise en commençant un morceau, cela nous a mené à l’opposé de ce à quoi on aspirait au départ. Ce qui est plutôt bien je trouve. Je me souviens d’un morceau- je ne dirai pas lequel, que l’on voulait faire sonner comme le Out Of Time de Blur...on va dire qu’on a un peu ripé...

4. Comment s'est réparti le travail d'écriture et de composition?

David : Il était clair dès le départ que l'écriture des chansons serait totalement collective. Les chansons sont nées presque à chaque fois d'un ensemble de petits motifs. Untel trouvait un motif de guitare ou de clavier, on l'enregistrait, le copiait, puis un autre y ajoutait un second motif etc. jusqu'à ce que le morceau prenne forme.
Seb : Après, quelques chansons de l'album (une minorité) ont été composées par l'un d'entre nous, les deux autres se chargeant alors de faire les arrangements, et éventuellement de retravailler certaines mélodies, suites d'accords, etc.
Maxime : C’est le cas par exemple de Tiffany, The Soldier ou Victim’s Hairdo. Mais même si nous sommes très fiers de tous les morceaux présents sur l’album, ceux que nous portons le plus dans nos cœurs sont les morceaux où le travail a été totalement collectif, et où aucune idée ne préexistait à ce travail: The Hidden Second, A Drum Drum Boy ou Golden Make-Up. Là, je ressens vraiment quelque chose qui ressemble à une sorte de “plénitude” à l’échelle de Toy Fight.

5. Comment s'est déroulé l'enregistrement d'Anagram Dances?

Seb : On a loué une baraque en Cornouailles dans un coin complétement désert, où il y avait vraiment une ambiance particulière, des « vibrations » étranges… puis on a ramené quelques potes, et quelques substances pour … « s’amuser »… se « mettre en condition », si tu vois ce que je veux dire… Non pardon : l'enregistrement s'est déroulé exclusivement dans ma chambre à Paris en bouffant des gâteaux secs ! Sauf Scientists Having a Good Time, The Drum Drum Boy et The Soldier qui ont été enregistrées à Lyon l'été dernier. Par contre, l’album s'est fait sur trois ans de façon relativement espacée. Ce qui fait que de mon point de vue, on entend quelques différences entre les morceaux récents et les plus anciens. Mais je ne suis pas sûr qu'un auditeur extérieur au groupe le remarque vraiment...
Maxime : Je me dois de préciser que l’humour de Seb est très largement expliqué par son amour inconsidéré pour les Dandy Warhols...enfin, je dis ça, je dis rien...



6. Faut-il voir une relation entre la chanson Hidden Second et la photo
de la pochette "a clock company"? comme une sorte de réflexion sur le
temps ou bien je divague complètement?

David : Non non tu ne divagues pas du tout, et ce ne sont d'ailleurs pas les seules allusions à ce thème dans l'album, mais j'aurais du mal à développer ce point là. On s'est juste rendu compte au bout d'un certain moment que quasiment toutes nos chansons tournaient autour de ce thème. Il n'est d'ailleurs pas nécessairement traité de manière sérieuse (il l'est dans The Hidden Second, mais beaucoup moins dans Minute Song par exemple) c'est pourquoi j'aurais des réticences à parler vraiment d'une "reflexion", il s'agit plus d'un thème récurent, voire obsessionnel, mais qui ne fait jamais l'objet d'une quelconque théorie (heureusement). Le choix de la pochette visait juste à accentuer cette cohérence. C'est un thème tout à fait fascinant le rapport entre la musique et le temps, la manière que peut avoir une chanson de saisir un moment très particulier, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne comprends absolument pas pourquoi la plupart des journalistes qualifient "d'intemporelle" une pop song réussie. J'ai l'impression au contraire il n'y a rien de plus temporel qu'une chanson, mais bon il serait bien présomptueux de notre part de prétendre "expliquer" ça dans nos chansons, on s'est contenté d'en parler, sans aucune prétention théorique.
Maxime : C’est comme les gants de toilette. On a un album entier de faces B, raretés ou versions alternatives qui abordent le thème des gants de toilette. On se tâte encore pour savoir si on le sort ou pas. Seb est pas trop d’accord parce qu’il est plutôt lingettes. Peut-être juste en vinyle, alors.

7. Je m'essaie à une autre analyse de vos textes... Where the
Avalanches Are, Minute Song, et Bob sont des morceaux qui tournent
autour de l'art, la manière et les difficultés d'écrire des chansons?

David : Là je serais un peu moins d'accord. Nous nous sommes efforcés de ne jamais se positionner du point de vue de "l'artiste" exprimant ses doutes ou ses souffrances dans la "création". Pour moi composer ces chansons ça n'a jamais été "difficile", ce fut toujours un immense plaisir. Elles nous ont demandé un temps fou c'est sûr, on en arrivait même parfois à littéralement péter les plombs ou à s'entre-tuer à force de travailler dessus mais justement c'était parce que ces chansons étaient envisagées comme des petites mécaniques autonomes, des petits objets qui appartenaient à nous trois et donc à personne en particulier. Pour en revenir aux titres que tu cites je dirais qu'à la limite ils parlent plutôt de "ce qui se passe" dans une chanson, de ce dont une chanson est faite. Minute Song c'est le dialogue imaginaire entre un couplet et un refrain, Where the Avalanches Are c'est un type qui se demande si une mélodie peut vraiment avoir le pouvoir d'agir sur sa vie, et comment, et Bob... bon Bob c'est nettement plus crétin, on verra ça à la prochaine question.
Maxime : Ah bah c’est malin, maintenant tous les lecteurs savent qu’il s’agit d’une interview par mail. Bien ouèj tiens.
Seb : .. “S'entretuer, s'entretuer”, comme tu y vas ! Et puis ce que David omet de dire, c'est que les paroles des chansons que tu cites ont toutes été écrites par lui ! En fait, tu as donc parfaitement cerné la thématique et la rhétorique davidiennes !
Maxime : Quand on aura raconté sa théorie du 1-6-9 dans les albums ou celle de l’importance des ninjas dans des paroles de chansons, vous souhaiterez ne jamais lui avoir laissé la parole...

8. Dans Bob, vous chantez "Music is over or at least condemned / In
very few years there will be no more hits / Just covers of covers and
covers of hits", c'est vraiment ce que vous pensez?

Maxime : Oui. La musique c’est bientôt fini. L’avenir c’est le yoga.
David : Je tiens à préciser que ces paroles débilissimes proviennent des suites d'une discussion non moins débiles - et assez arrosée, à notre décharge - qu'on avait eue où je tentais de soutenir qu'étant donné le nombre tout de même restreint de notes dans la gamme, et celui, énorme, de disques qui sortent chaque mois, on en arriverait fatalement à avoir, d'ici peu de temps, épuisé toutes les combinaisons possibles entre ces notes, et donc toutes les mélodies possibles. On avait quand même terminé, toute honte bue, en calculant combien d'années il restait avant que la quantité de riffs à 5 notes maximum soit épuisée. Bon, je tiens à rassurer nos lecteurs, il reste encore un peu de temps...
Seb : Je corrige : devant l'obstination de David a tenir des propos profondément incohérents sur l'épuisement des mélodies possibles, j'en étais venu, en désespoir de cause, à essayer de lui démontrer par un peu de mathématique élémentaire l'absurdité de ce qu'il disait. Je crois que j'ai échoué...
David : Un peu mon neveu !!! Non mais allez-y rigolez rigolez, vous viendrez pas dire après que je vous avais pas prévenu.
Maxime : Je tiens à mes désolidariser totalement de cette discussion. Au moment où elle a eu lieu, je lisais un livre. Un très très gros livre. Très très loin. D’ailleurs je ne connais pas ces gens.

9. Comment réagissez-vous à l'accueil fait à vos chansons, sur les
blogs, sur MySpace et ailleurs?

David : C'est difficile de ne pas se sentir très flattés. Cette myspace je l'avais créée juste pour mettre les quelques morceaux que l'on avait faits il y a un an ou deux, sans aucune ambition, alors que notre décision était déjà prise de se consacrer à autre chose, mais vu les échos qu'on a reçus, on s'est décidé à reprendre le truc et à finir un album. C'était d'autant plus agréable que cela venait de blogs que je lisais régulièrement depuis un bout de temps et dont j'admirais le travail. J'avais l'impression qu'il s'y passait quelque chose qui renouvelait totalement l'approche journalistique classique de la musique et, surtout, la manière d'écrire sur elle. J'ai toujours trouvé que les prétendus "écrivains" du rock, que l'on présente comme des génies, du type Eudeline (ou pour aller vite, la génération Rock n' Folk) parlaient de tout sauf de musique. Ils parlent de fringues, de biographies, d'attitudes et leur seule et unique approche de la musique consiste la plupart du temps à dire: moi j'étais là, je l'ai vécu, je vais vous raconter comment c'était à vous qui ne l'avez pas vécu - ce qui a le don de m'horripiler. Alors quand tout d'un coup tu tombes sur des gens comme Sean Michaels de Said the Gramophone - ce génie - qui pour la première fois arrivent réellement à décrire ce qui se passe à l'intérieur d'une chanson, sans avoir besoin de faire référence au bonhomme derrière sa chanson, à la marque de sa guitare ou à la couleur de ses santiags, c'en est presque stupéfiant, et je n'hésite pas à dire qu'un type comme lui a eu une influence directe sur notre (ou du moins ma) façon de composer et d'envisager ce que c'est qu'une chanson.
Maxime : Comment t’as trop dévié de la question de dépaaaart...
Seb : Pour moi, je dois dire que ces commentaires positifs ont surtout été assez inattendus, étant donné qu’ils portaient sur des morceaux fait deux ans auparavant. Mais c’est évidemment très gratifiant !
Maxime : Tout cela nous a vraiment beaucoup touché. La plupart des chansons de cet album ont vraiment été composées en vase clos, dans la chambre de Seb, tant et si bien que c’est assez vertigineux de constater que, quelques années après leur “création”, elles touchent des gens que nous ne connaissons pas, et pas forcément en France!



10. Pouvez-vous nous en dire plus sur l'univers visuel autour de Toy
Fight (la pochette de l'album, la page myspace, le clip de Hidden
Second)?

David : Ce visuel est né de longues après-midi passées à n'avoir rien à foutre devant mon ordinateur... (les deux autres acquiescent, ndA). L'idée était juste de mettre le moins de photos possible de nos tronches (il n'y en a qu'une et elle est bien cachée), de ne pas chercher à trop personnaliser cette musique. Pour le clip il a été fait entièrement par notre ami Benoît Prudhomme qui a fait vraiment un travail magnifique. Je ne lui avais donné aucune instruction, il avait carte blanche totale et je dois dire que le résultat m'a scié. Au point que maintenant je ne détache plus l'atmosphère de la chanson des images qu'il a trouvées

11. Parlez-nous un peu de vos projets parallèles?

David : Je vais laisser Maxime parler de son projet, je mentionnerai juste pour ma part celui de Pauline (Mina Tindle) qui continue doucement de son côté à faire des choses magnifiques. Rien n'est terminé, elle n'a ni album ni véritables concerts en perspective pour le moment, mais je suis certain qu'elle ne va pas tarder à se faire connaitre, parce que ce qu'elle fait est vraiment très beau et à mon humble avis plus puissant souvent que ce que fait, au hasard, Cocorosie, à qui elle est souvent comparée. Il y a aussi notre ami américain Henry Sparrow, dont un certain blog a très bien parlé il y a peu, qui a sorti un album magistral il y a quelques temps (Bird Songs) et qui ne va pas tarder à nous pondre un chef d'oeuvre. Il m'a chargé d'être son producteur à distance (sic) et à l'écoute des quelques démos qu'il m'a envoyées pour l'instant je peux juste dire que ça risque d'être très très grand. Enfin, même si ce n'est pas bien de parler des choses qui ne se font pas, il est vaguement question que je fasse quelques morceaux avec Orouni (1).
Seb : Je me joins à David pour faire l’éloge des artistes qu’il a mentionnés, et bien sûr de (Please) Don’t Blame Mexico, dont Maxime parlera mieux que nous…
Maxime : Eh bien (Please) Don’t Blame Mexico c’est la prise de possession par un groupe des chansons que j’ai accumulées depuis presque deux ans sur mon quatre-pistes. J’ai composé ce groupe début 2006 à partir de membres de groupes parisiens amis, Nelson, eLdIA et Brooklyn. Aujourd’hui il s’agit vraiment d’un groupe à proprement parler avec sa propre dynamique, et j’espère son propre son, et j’en suis très fier. Pour aller vite, je dirais qu’avec (Please) Don’t Blame Mexico, on fait une sorte de power pop vrillée; les références collectivement partagées sont des choses comme Pavement ou The Shins. On a sorti un premier EP en septembre, First Aid EP, dont, mon cher Thanu, tu as très gentiment parlé, et que les gens, dans l’ensemble, ont l’air d’apprécier- à en juger par les réactions sur MySpace. C’est rassurant, surtout qu’on s’apprête, dès la mi-novembre, à donner nos premiers concerts. Sans oublier mon troisième groupe, Saïbu, qui joue un folk-pop entre Wilco et The Auteurs, dans lequel j’officie comme clavier.

12. Un ou des disques à conseiller aux lecteurs du blog en ce moment?

David : Aaaaahhhh enfin une question sérieuse!
1). Micah P. Hinson : Micah P. Hinson and the opera circuit. Un pur chef d'oeuvre, sans problème un des albums de l'année, dont personne n'a parlé pour des raisons que je m'explique mal
2). Lootpack : Soundpieces: Da Antidote!. Pas vraiment une nouveauté mais une des productions les plus hallucinantes de Madlib - et Dieu sait pourtant que tout ce qu'il fait est génial
3) Nick Garrie : The Nightmare of J.B. Stanislas. Réédité cette année chez Rev-Ola, un très très grand album de pop orchestrale 60's, avec des mélodies souvent dignes de Jimmy Webb (c'est dire le niveau).
Maxime : J’adore ce genre de questions!! Alors:
1) Shut up I am dreaming de Sunset Rubdown, l’autre groupe de Spencer Krug, l’un des deux chanteurs de Wolf Parade, et qui bien parti pour être mon album de l’année. De l’indie épique incroyable.
2) Damaged de Lambchop. Je connaissais très mal Lambchop, et le peu que j’en avais entendu ne m’avais jamais vraiment convaincu...Mais là, Damaged, c’est la vieille classe, un truc assez bouleversant.
3) A New White de Subtle, car j’adhère à pas mal de choses qui sortent de la galaxie cLOUDDEAD et que cette réunion de Doseone et Jel et tout bonnement ahurissante, tant au niveau mélodique, rythmique ou...”atmosphérique”.
4) Revolving Doors de Nelson, formidable groupe de cold-wave parisien, dont le premier album va certainement botter les fesses de tous ceux qui fourrent tous les groupes estampillés “scène parisienne” dans le même panier. A ranger entre Closer de Joy Division et le dernier Liars. Très impressionnant.
Seb : Euh… Étant moins « maniaque » de musique que mes deux acolytes, je n’ai malheureusement pas écouté énormément de nouveautés ces derniers temps, si ce n’est le dernier disque de Thomas Dybdahl (Science) que je trouve plutôt moyen alors que j’avais beaucoup aimé son premier, et le dernier Kasabian (Empire) dont je dois bien avouer qu’il n’est pas bon, malgré toute l’indulgence que j’ai pour ce groupe… De manière générale, il va de soi que je recommande vigoureusement l’intégrale de Belle and Sebastian (des premiers EP avec des morceaux géniaux comme Le Pastie de la Bourgeoisie, Dog On Wheels, Lazy Line Painter Jane, etc. jusqu’au dernier album que je trouve excellent), à quiconque a la volonté de dépasser l’impression de mièvrerie que peut laisser une écoute superficielle de ce groupe…

13. Y-a-t-il une chance pour que Toy Fight sorte un jour un 2ème album,
se produise en live ou bien votre split est-il définitif?

David : C'est un peu compliqué en ce moment. On croyait être sûrs de notre choix et puis on a eu il y a peu une proposition d’un très bon label qui serait visiblement intéressé pour nous signer. On est très heureux et flattés, bien sûr, mais bon ça implique que plein de choses à côté (musicales ou non) soient compromises, et on n'est pas encore sûrs d'avoir envie qu'elles le soient. Donc on verra.
Seb : Autant dire que l’incertitude prédomine, à moins qu’un mouvement populaire de grande ampleur et abondamment relayé sur Internet nous incite à nous y remettre…hum…
David : Oui bah ça, hein, ça risque pas si tu commences à citer Pearl Jam et Kasabian en interview !! putain ça y est on est grillés là, G.R.I.L.L.E.S…
Maxime : Vous êtes vraiment pas sortables.


Toy Fight - Victim's Hairdo (MP3)
Toy Fight - The Hidden Second (MP3)


Achetez Anagram Dances


samedi 4 novembre 2006

Willie & le Roi Solomon



2 dinosaures nous reviennent en grande forme cet automne. D'un côté Solomon Burke sort son premier album country produit par Buddy Miller, avec des chansons signées Gillian Welch, Jim Lauderdale, Dolly Parton entre autres, et les voix d'Emmylou Harris, Patty Loveless ou encore Welch et Parton. Inutile de dire que c'est sublime.

Solomon Burke - Valley Of Tears (MP3) (chanson signée Gillian Welch)


Achetez Nashville (2006, Shout! Factory)

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De l'autre, Willie Nelson s'est adjoint les services de Ryan Adams pour une collection de reprises et quelques originaux, le tout enregistré avec les Cardinals. Un nouvel album de mon cowboy hippie pro-légalisation du cannabis préféré est de toute façon une bonne nouvelle mais le monde avait-il besoin d'une énième version d'Hallelujah? Verdict ci-dessous.

Willie Nelson - Hallelujah (MP3) (reprise de Leonard Cohen)


Achetez Songbird (2006, Lost Highway)

vendredi 3 novembre 2006

Kris Delmhorst - Strange Conversation



Pour son quatrième album, Strange Conversation, Kris Delmhorst s'est inspirée de divers poèmes datant de jusqu'au 13ème siècle. Dis comme ça, ça peut paraître austère, et pourtant la guitare, les mélodies et la voix de Kris Delmhorst rendent cette érudite relecture un véritable moment de plaisir. Galuppi Baldessare digresse autour de A Toccata Of Galuppi's de Robert Browning sur fond d'arrangements jazzy, un peu à la Jolie Holland mais en plus enjoué. Plus loin c'est Walt Whitman revu et corrigé pop que nous propose Light Of The Light. Et ce ne sont que quelques bribes de ces étranges et passionnantes conversations auxquelles nous offre d'assister Kris Delmhorst.

Kris Delmhorst - Galuppi Baldessare (MP3)
Kris Delmhorst - Light Of The Light (MP3)
D'autres en titres en écoute sur sa page MySpace


Achetez Strange Conversation (2006, Signature Sound)

mardi 31 octobre 2006

The Roseline



Ryan Adams occupé à faire du rap, le flambeau de l'alternative-country n'est pas laissé à l'abandon. Avec un groupe comme The Roseline, le genre est entre de bonnes mains. Si Colin Pepper Halliburton, la voix et la tête pensante du groupe, cite volontiers Elvis Costello et Paul Simon parmi ses inspirations pour ce premier album, c'est à Wilco, les Jayhawks et surtout Whiskeytown que l'on pense immédiatement. Cela dit une chanson comme Shakin' Shorts prouve que The Roseline est plus qu'un bon groupe d'imitateurs mais bien un nouvel espoir de l'americana mélodique et mélancolique.

The Roseline - Shakin Shorts (MP3)
The Roseline - Evil (MP3)
D'autres titres en écoute sur leur page MySpace


Achetez A Wall Behind It (2006, auto-produit)

dimanche 29 octobre 2006

The Midnight Hours



Imaginez les Strokes repris en main par Loretta Lynn et vous obtenez un peu ce qui fait le sel de The Midnight Hours. Ces New-Yorkais ont été marqué à vie par le Creedence Clearwater Revival mais heureusement ils ont bien plus de classe que les Kings of Leon. Leurs compos oscillent entre garage, rockabilly et country. Je défie quiconque de résister à Miss Marie, surtout au moment où la voix de Lauren fait son entrée! Le couple Michael/Lauren fait aussi des merveilles sur Get Gone tandis que, toute seule, Lauren s'en sort très bien sur It's Alright. The Midnight Hours viennent nous prouver que New-York a mieux à nous offrir que tous ces groupes disco-punk ennuyeux. Très chaudement recommandé donc.

The Midnight Hours - Miss Marie (MP3)
The Midnight Hours - Get Gone (MP3)
The Midnight Hours - It's Alright (MP3)
D'autres titres en écoute sur leur page MySpace


Leur premier EP, Five Believers, vient de sortir et est disponible sur l'iTunes Store, Napster et Rhapsody.

mercredi 25 octobre 2006

Roy Acuff, the King of Country Music



"To hell with Roy Acuff!", tel était le cri de guerre des troupes japonaises contre l'US Army lors la 2nde guerre mondiale. Voilà qui en dit long sur la popularité du chanteur qui dans les années 40 cotoyait Franck Sinatra en tête du hit-parade.
Pourtant la vocation première du jeune Roy Claxton Acuff né à Maynardville au Tennessee en 1903, c'était le base-ball. Il était d'ailleurs promis à une belle carrière en professionnel jusqu'à ce qu'une vilaine insolation contractée lors d'une partie de pêche ne réduise à néant tous ses rêves.

Roy Acuff décide alors de se former à l'école des medicine shows avant de créer en 1933 son 1er groupe, les Tennessee Crackerjacks. Une chanson définit à elle-seule la musique de Roy Acuff : The Great Speckle Bird. Ce vieux gospel remis au goût du jour lui ouvre les portes du succès, lui permet de décrocher un contrat sur le label ARC et d'enregistrer une session à Chicago, de laquelle sortirent quelques autres de ses classiques notamment Wabash Cannonball.



En 1938, c'est le Grand Ole Opry qui succombe à son talent et en fait un de ses membres permanents. En 1942, Roy Acuff, qui est devenu une star nationale, fonde avec Fred Rose sa propre maison de disques. Durant 2 décennies, la firme Acuff-Rose marqua de son empreinte la légende de la country-music en enregistrant les hits de Hank Williams, des Louvin Brothers ou du couple Bryant pour n'en citer que quelques uns.

La carrière de Roy Acuff en tant que chanteur ne s'arrêta pas pour autant puisqu'il décrocha des hits jusque dans les années 60, avant de se consacrer exclusivement au Grand Ole Opry dont il resta un des symboles et piliers jusqu'à sa mort en 1992.
Le mot de la fin revient à Jeff Tweedy et Jay Farrar pour leur hommage à Acuff-Rose :
"Name me a song that everybody knows
And I'll bet you it belongs to Acuff-Rose"
Uncle Tupelo - Acuff-Rose sur Anodyne

Roy Acuff - Great Speckle Bird (MP3)
Roy Acuff - It Won't Be Long (Till I'll Be Leaving) (MP3)
Roy Acuff - Freight Train Blues (MP3)
Roy Acuff - Wabash Cannon Ball (MP3)


Achetez Roy Acuff The Essential 1936-1949

lundi 23 octobre 2006

Toy Fight - Anagram Dances



Je vous en parlais il y a quelques jours, Toy Fight est mort, mais le groupe survit à travers ce qu'on peut appeler un album posthume, Anagram Dances. Les déjà fans retrouveront les titres qui ont fait les beaux jours de leur page myspace (The Hidden Second, Victim's Hairdo, Minute Song), plus d'autres entêtantes ritournelles répondant aux doux noms de Scientists Having A Good Time, Tiffany, Bob...
Anagram Dances est l'héritage d'un groupe qui nous manque déjà... un héritage que vous pouvez vous offrir pour une somme modique en cliquant ici!

Toy Fight - Victim's Hairdo (MP3)
D'autres titres en écoute sur leur page MySpace


Achetez Anagram Dances (2006, autoproduction)

mercredi 18 octobre 2006

David Mead - Tangerine



Plusieurs chroniques en témoignent encore, David Mead avait fait forte impression lors de ce qui fut probablement son unique apparition en France en première partie de Foutains of Wayne en 2004. L'histoire d'amour avec notre pays semble hélas s'être arrêté là (si l'on excepte une chanson en hommage à Elodie Bouchez sur 2ème album). C'est dommage car Mead est l'un des artisans pop les plus doués du continent nord-américain.

Pour son 5ème album, Tangerine, David Mead s'est ouvertement inspiré d'un classique de la pop sophistiquée, le Nilsson Schmilsson de Harry Nilsson. Mead y endosse le rôle de multi-instrumentiste et bénéficie de la production luxuriante de Brad Jones. Chaque morceau à sa façon offre un modèle d'arrangements classieux. Du mal nommé Hard To Remenber à l'irrésistible Fighting For Your Life, en passant par Making It Up Again et Hunting Season, ce sont Rufus Wainwright et Ed Harcourt qui ont du souci à se faire : David Mead est un sérieux concurrent. En témoigne aussi Chatterbox, un véritable hymne soul-pop qui rappelle le Josh Rouse de 1972. Quant à la comptine gospel Reminded #1, elle constitue l'écrin parfait à la voix du chanteur. Et ce sont des bijoux comme The Trouble With Henry ou Choosing Teams qui mettent David Mead presque au niveau d'un Ron Sexsmith.

C'est un fait, Tangerine ne souffre d'aucune baisse de régime; c'est, avec celui des Bees (U.S.), un des albums pop les plus réjouissants de l'année.

David Mead - Making It Up Again (MP3)
David Mead - Reminded #1 (MP3)
D'autres titres sur sa page Myspace


Achetez Tangerine (2006, Tallulah!)

samedi 14 octobre 2006

Henry Sparrow - Bird Songs, Volume One

Parlons un peu de la magie de Myspace. Cet instrument communautaire capable à la fois de vous faire découvrir un groupe de popeux qui émerge juste à côté de chez vous et de vous mettre sur la piste d'un songwriter maudit qui fourbit ses armes à quelques milliers de kilomètres de là. Le groupe de popeux en question c'est Toy Fight*, ou plus exactement un de ses membres David, qui m'a mis sur la piste du songwriter maudit qui nous intéresse aujourd'hui, Henry Sparrow.



Originaire de Portland, Oregon, Brent Ballantyne a un beau jour décidé d'émigrer à l'autre bout du pays, dans le comté de Chatham en Caroline du Nord. Après un album sorti en catimini et un autre jamais terminé, Brent traverse une période de doute qui le conduit à se poser des questions sur sa vocation d'artiste. Mais finalement décidé à rebondir, il choisit de reprendre tout à zéro, et quoi de mieux pour ça que de changer d'identité? C'est ainsi que naît son double, Henry Sparrow. Parce que ses expériences précédentes eurent à souffrir de contraintes financières et techniques, avec ce nouveau projet tout serait question de simplicité et d'économie. Le principe tient en une phrase : écrire une chanson par jour, l'enregistrer aussitôt, ne plus y toucher. C'est donc armé en tout et pour tout d'une feuille de papier, d'un stylo, d'une guitare et d'un enregistreur mini-disc que Brent mis au monde les chansons d'Henry Sparrow. En un mois, 21 chansons furent enregistrées et 16 retenues pour intégrer le recueil Bird Songs, Volume One.

Tout commence par le chant d'un coq et d'emblée le ton est donné. Bird Songs n'est pas un hymne à la nature mais l'environnement y est cependant omniprésent. Brent a enregistré ses chansons sans filet, en une seule prise, dans sa ferme des environs de Durham et si un camion venait à passer (ce qui arriva) et bien il prenait simplement sa place dans l'enregistrement. Et il en est de même pour les oiseaux. D'ailleurs Brent, qui n'a pas choisi son pseudonyme au hasard, comme dans la posture du chanteur incompris par ses congénères, semble chanter seulement pour eux. Il leur chante l'histoire de cet illuminé convaincu de la fin des temps (Some Prophet Saw It Happen). Il leur conte le voyage hallucinogène de la petite Annie (Annie Saw The City Of God) ou leur décrit l'emprise du gourou sur ses disciples (Kerosene).

Mais Henry Sparrow n'est pas seulement un fin chroniqueur de nos vies absurdes, c'est aussi un mélodiste hors-pair. L'écoute de douceurs telles que Strike Up The World et Top Hat donnerait au citadin le plus endurci l'envie d'un retour à la nature tant elles respirent le grand air, une sorte de plénitude champêtre. Quant à All Of The Lonely Names, Our Father's Sons et Irene And The Man Of Her Dreams, mine de rien, leurs refrains vous rentrent dans la tête pour ne plus en sortir. Je pourrais continuer comme ça longtemps, Bird Songs contient 16 titres et autant de perles qui ne demandent qu'à être découvertes.

Heureux, décidemment, les oiseaux premiers auditeurs de ces chansons! Quant à vous pauvres humains, protégez les espèces (de songwriter) en voie de disparition, écoutez Henry Sparrow!

Henry Sparrow - Strike Up The World (MP3)
Henry Sparrow - Top Hat (MP3)
Henry Sparrow - Epic (MP3)
Devenez son ami sur MySpace


Achetez Bird Songs, Volume One (2005, Thimble Music) (bel objet aussi précieux que la musique qu'il renferme!)

*Bonne nouvelle, on m'apprend à l'instant qu'Henry Sparrow vient de rejoindre le collectif Toy Fight!


samedi 7 octobre 2006

(Please) Don't Blame Mexico - First Aid EP



Toy Fight
est mort, vive Toy Fight! Alors que Anagram Dances leur très attendu premier album n'est même pas encore sorti, mes outsiders parisiens préférés annoncent déjà leur séparation. Si Toy Fight le groupe n'est plus vraiment, c'est une sorte de collectif qui naît de ses cendres. Car chacun des membres est bien décidé à continuer l'aventure. 1er exemple aujourd'hui : Maxime, le clavier de Toy Fight, et son projet plus ou moins solo (Please) Don't Blame Mexico qui vient de sortir son premier EP. Comme Toy Fight, (Please) Don't Blame Mexico fait partie de cette race de groupes à jamais traumatisés par l'écoute du In The Aeroplane Over The Sea de Neutral Milk Hotel. Je ne sais pas si ça en dit long sur sa musique, mais ça a au moins le mérite de planter le décor... Les amateurs de pop déviante sont donc invités à se procurer (gratuitement) leur exemplaire du First Aid EP en contactant Maxime sur sa page myspace ou à l'adresse suivante : maxime.chamoux(at)yahoo(point)fr (vous avez compris, il faut remplacer ce qu'il y a en parenthèse).
En attendant la réception de votre copie, je vous propose de patienter avec ce titre que j'aime bien mais qui finalement ne s'est pas retrouvé sur l'EP.

(Please) Don't Blame Mexico - Private Jokes About Local Rock Bands (MP3)

Ah j'allais oublier, il y a aussi plein de dates pour (P)DBM :

oct. 16 2006 - LE BARON- PIANO SOLO (+TAHITI BOY) - Paris
oct. 20 2006 - DJ SET (PLEASE) DON'T BLAME MEXICO - THE SHEBEEN - Paris
nov. 9 2006 - POP'IN (KILL ALL HIPPIES NIGHT) - Paris
nov. 11 2006 - OPA - Paris
déc. 12 2006 - TRUSKEL (LOADED ACOUSTIC) - Paris
déc. 28 2006 - LA FLÈCHE D'OR: SOIRÉE LOADED CLUB - Paris

mardi 3 octobre 2006

Eric Bachmann - To The Races



Du chemin a été parcouru depuis les débuts d'Eric Bachmann dans Archers of Loaf. En 1998, le groupe meurt et la formule indie-rock qui contribua à le rendre culte avec. Bachmann préfère s'aventurer dans les contrées country/folk de son nouveau projet, Crooked Fingers. 4 albums de Crooked Fingers plus tard, et après une première expérience solo en 2001 pour la BO du film Ball of Wax sort donc ce sublime To The Races, en forme d'épure du talent de son auteur, entre Nick Drake et le Springsteen de Nebraska.

J'ai du mal à comprendre la quasi-indifférence témoignée à l'égard de cet album. Les rares chroniques que j'ai pu lire à son sujet, bien que bienveillantes, lui accordent tout au plus un caractère anecdotique. En ce qui me concerne, c'est de loin le meilleur album qu'il m'ait été donné d'écouter cette année dans la catégorie singer-songwriter et même l'un des tous meilleurs toute catégorie confondue. J'ai beau cherché, je ne trouve pas chansons plus habitées, plus décharnées et plus profondes (en un mot plus belles) que ces Genie, Genie, Lonesome Warrior, ou Man O' War ( pour n'en citer que 3).

Enregistré dans une chambre d'hôtel au fin fond de la Caroline du Nord, To The Races impressionne par la qualité de ses arrangements minimalistes construits autour du jeu de guitare tout en finesse de Bachmann. Un climat austère donc, mais contrebalancé par les apparitions régulières des choeurs fantomatiques de Miranda Brown et du violon de Tom Hagerman. Sans parler de la voix de Bachmann lui-même qui littéralement vous transperce. Un seul mot s'impose : grandiose.

Eric Bachmann - Man O' War (MP3)
Eric Bachmann - Little Bird (MP3)


Achetez To The Races (2006, Saddle Creek)

dimanche 1 octobre 2006

(Petit) Tour du Web

Ryan Adams fait encore des siennes. Son site web redécoré façon Star Wars nous accueille au rythme de beats hip-hop old-school sur lesquels se pose le flow incomparable de Ryan Adams lui-même. Et oui, l'ex-Whiskeytown se met au rap! Allez écouter les paroles stupides de Look Who Got A Website chez Stereogum qui s'est donné la peine de ripper le rap.

Les nouvelles chansons des Decemberists sont déjà en circulation depuis un certain temps. Pour ceux qui ne sont pas à la page, allez faire un petit tour ici ou sur KCRW pour une session live et faites vous une idée. Personnellement j'avoue être un poil déçu. L'album sort le 3 octobre.

Neko Case rejoint la prestigieuse série des Live From Austin, TX (tiré de l'émission Austin City Limits) du label New West. Une sorte de consécration puisqu'elle y côtoiera des légendes du calibre de Lucinda Williams, Willie Nelson, Johnny Cash ou Steve Earle pour n'en citer que quelqu'uns. Le concert, qui date d'août 2003, est pour des raisons qui m'échappent apparemment (pour l'instant?) seulement disponible en DVD.

samedi 30 septembre 2006

Old Crow Medicine Show - Big Iron World



Old Crow Medicine Show est souvent présenté comme l'équivalent masculin des Be Good Tanyas, ce qui n'est pas complètement faux mais qui a le désavantage de passer sous silence l'exubérance de leur musique. OCMS ne fait pas seulement partie de ses nombreux groupes de revivalistes folk/bluegrass qui pullulent actuellement aux Etats-Unis, et qui vous l'aurez remarqué font les choux-gras de ce blog, mais en est carrément la figure de proue. Les 5 Américains ont été repérés alors qu'ils jouaient dans la rue par le grand Doc Watson, qui chacun le sait n'est pas sourd. Watson s'empresse de les programmer au Merlefest puis tout s'enchaîne pour le groupe qui se retrouve à l'affiche du Grand Ole Opry, puis se produit en première partie du Del McCoury Band, de Dolly Parton, Merle Haggard ou Marty Stuart.

Comme pour leur premier album, c'est l'acolyte de Gillian Welch, David Rawlings, qui s'est chargé de la production de Big Iron World. Banjos, harmonicas, fiddles et contrebasse sont une fois de plus de la partie pour un résultat encore plus percutant que sur O.C.M.S. Le groupe est passé maître dans la relecture des traditionnels du répertoire américain, dans l'esprit du folk revival des années 60. Mais moins respectueux que leurs confrères du Chatham County Line, les 5 revivalistes savent insuffler une énergie sans pareille à leurs chansons, un peu à la manière de mes autres chouchous les Avett Brothers. Il suffit d'écouter leur version de Cocaine Habit pour s'en convaincre, qui obtient les mêmes résultats euphorisants que Tell It To Me sur leur 1er opus. Mais Old Crow Medicine Show s'en sort aussi bien avec ses propres compositions, en témoignent le galopant Don't Ride That Horse, le plus apaisé My Good Gal ou mon préféré New Virginia Creeper.

Old Crow Medicine Show - Cocaine Habit (MP3)
Old Crow Medicine Show - New Virginia Creeper (MP3)


Achetez Big Iron World (2006, Nettwerk)

jeudi 28 septembre 2006

J. Tillman, nouveau talent en provenance de Seattle (en concert samedi soir à Vincennes)


Alors que Seattle a vu éclore 2 de mes plus belles révélations de l'année, Band of Horses et Sera Cahoone, voilà que la capitale de l'état de Washington nous gratifie d'un nouveau talent folk, j'ai nommé J. Tillman. Originaire du Maryland, Josh (c'est son prénom) a traversé le continent, sa guitare en bandoulière, avant d'accoster sur les rives du Pacifique et d'y faire une rencontre décisive, celle de Damien Jurado. Ce dernier le prend sous son aile et lui conseille de persévérer, ce que J. Tillman fait à travers 2 albums auto-produits, I Will Return et Long May You Run (qui seront bientôt réédités par Keep Recordings). Minor Works est donc son premier disque à bénéficier d'une distribution digne de ce nom grâce au label Fargo qui l'a signé sur les conseils de Jesse Sykes, autre figure importante de la scène de Seattle et à laquelle J. Tillman est souvent comparé.
Tillman n'est pas un simple singer-songwriter de plus comme, trop modeste, il aurait lui-même tendance à se décrire. Ses ballades mélancoliques portent en elle une beauté sombre et tourmentée qui le démarque d'emblée du tout-venant folk. A l'écoute de cet album country-folk, difficile de ne pas penser à Ryan Adams, avec qui J. Tillman partage les influences de Bob Dylan, Neil Young et Gram Parsons. Un concentré d'Amérique en somme, qui justifie amplement la présence de Tillman au festival America samedi soir à 21h30 à Vincennes (aux côtés de Richmond Fontaine).

J. Tillman - Jesse's Not A Sleeper (MP3)
J. Tillman - Now You're Among Strangers (MP3)


Achetez Minor Works (2006, Fargo)

mercredi 27 septembre 2006

The Be Good Tanyas - Hello Love


Me voilà enfin de retour après de multiples absences et avec les meilleures résolutions pour redonner à ce blog un semblant d'activité. Et quoi de mieux pour inaugurer l'automne que les Be Good Tanyas, le groupe idéal pour vos longues soirées pluvieuses? Les Canadiennes sont en effet de retour avec un nouvel album prévu pour le 10 octobre. Intitulé Hello Love, ce 3ème opus ne varie pas de leur formule habituelle : des choeurs chevrotants, une ambiance boisée et des mélodies intemporelles, le tout sous fond d'orchestration old-time. La tracklist comprend notamment des reprises de Neil Young (For The Turnstiles), Prince (When Doves Cry) et Mississippi John Hurt (Nobody Cares For Me). On a même droit à une apparition de leur ex-membre Jolie Holland, également auteur au début de l'année de l'excellent Springtime Can Kill You dont ce Hello Love se révèle le parfait pendant automnal.

The Be Good Tanyas - Human Thing (MP3)


Pré-achetez Hello Love (10/2006 - Nettwerk)

mercredi 6 septembre 2006

Going Down With Quarter-Pounder


Charles et Robert Peacefull n'ont rien à vous vendre. Après tout ce qui a pu leur arriver, ils ne s'imaginaient sans doute pas refaire de la musique, alors pensez-vous gagner de l'argent en faisant de la musique, ils n'en demandent pas autant. Car en effet, leur histoire est pour le moins... disons hors du commun. Jobs déprimants, divorces, passages en prison et à la rue, dépression, obésité, tentatives de suicide, séjours en hôpital psychiatrique : voici quelques-uns des déboires que se partagent Charles et Robert. Jusqu'à l'été 2005 où vint à l'idée de Charles de proposer à son frère de reprendre la musique ensemble. The Gift, leur groupe post-punk, avait atteint une certaine notoriété dans l'underground londonien au début des années 90 avant de s'écraser face à l'obstacle du 1er album.
10 chansons résultèrent de la session, par ailleurs rendue compliquée par l'amputation de 2 doigts de la main droite de Charles (je vous l'avais dit que cette histoire était terrible!).
Bon après tout ça, vous imaginez que Quarter-Pounder (c'est leur nom de scène... au moins ne manque-t-til pas d'humour!) ne font pas dans la rigolade pop. Et vous avez raison. C'est triste, déprimant... et beau comme le plus sombre Will Oldham.

Quarter-Pounder - I'm Going Down With You (MP3)
Quarter-Pounder - Chet Carter (MP3)

Les 8 autres chansons sont téléchargeables gratuitement sur leur site web. Un 2ème album devrait voir le jour incessament sous peu, surveillez la page.

dimanche 3 septembre 2006

Chatham County Line - Speed Of The Whippoorwill

Comme les Hackensaw Boys ou les Avett Brothers, le credo de Chatham County Line c'est le bluegrass avec une touche d'indie credibility. Du moins c'est ce que ces 4 gars de Caroline du Nord proclament, car dans les faits on est plutôt dans le sillage d'une musique old-time classique, mais avec ce soupçon d'ouverture susceptible d'attirer un public nouveau, plus jeune, plus branché (cette fois-ci, Pitchfork adore!).
Chatham County Line est né des cendres d'un groupe de rock sous forte influence Neil Young baptisé Stillhouse. Son leader, Dave Wilson, finira par enterrer le groupe au profit de son side-project acoustique monté avec l'aide de Greg Readling à la pedal-steel et à la contrebasse, John Teer à la mandoline et Chandler Holt au banjo. La nouvelle formation fourbira ses armes en accompagnant la délicieuse Tift Merritt dans ses tournées avant d'enregistrer leur 1er album éponyme en 2003.



Speed Of The Whipporwill est leur 3ème réalisation avec aux manettes Brian Paulson, déjà producteur de quelques mythes américains (Uncle Tupelo, Joe Henry, Son Volt, Wilco). On aura beau chercher, ici pas de traces, même infimes, du punk qu'insuffle insidieusement les Hackensaw Boys à leurs morceaux. La folie, les excès, CCL les laisse volontiers aux frères Avett. Et le choc des genres prôné par feu Nickel Creek, ce n'est pas eux qui en reprendront le flambeau. Non, ici tout est question de pureté et d'authenticité. D'abord, la voix nasillarde de Dave Wilson est de celles qui ont fait et font toujours la marque de fabrique du genre. Associez là à celles de ses camarades de jeux, et vous entendrez des harmonies parfaites. Ajoutez à cela la qualité des musiciens : chacun apporte sa pierre à l'édifice et garantit la cohésion de l'ensemble; chacun a aussi droit à son solo mais pas dans l'esprit "je suis une virtuose et vous allez voir ce que vous allez voir!". Au final, vous obtenez ce que Dave Wilson a lui-même baptisé le "new traditionalism".

Les thèmes abordés ne sont pas plus contemporains que la musique écrite pour les accompagner. C'est à un voyage à travers une Amérique révolue que nous convie CCL : celle des outlaws (Rock Pile); des travailleurs (They were just Children, où un mineur exploite ses gosses pour en faire des stars et peut-être sortir la famille de la misère); de la guerre de sécession (Confederate Soldier, où un déserteur trouve refuge chez une charmante étrangère); et encore mieux, celle de Mark Twain (By The Riverside, le Mississippi, Huck et Jim, on s'y croirait).

Bill, Lester et les autres peuvent reposer en paix, avec Chatham County Line le temple du bluegrass est très bien gardé.

Chatham County Line - Speed Of The Whippoorwill (MP3)
Chatham County Line - Day I Die (MP3)
D'autres titres en écoute sur leur page myspace


Achetez Speed Of The Whippoorwill (2006, Yep Roc)