samedi 22 décembre 2007

Octoberman - Run From Safety


Octoberman est le nom de scène que s'est choisi Marc Morrisette pour incarner son passionnant projet musical. Natif de Vancouver, Morrisette a officié au sein du groupe indie Kids These Days avant de tenter l'aventure solo. Le titre de son 2ème opus sonne comme un mot d'ordre : Run From Safety. Fuir le confort du quotidien, les boulots alimentaires, oser la vie de musicien. Quitter son Canada natal, s'ouvrir au monde, comme les voyages en Europe et en Asie qui alimentèrent son premier album (These Trails Are Old and New). Et surtout s'extirper du carcan boisé du songwriter à guitare et harmonica. Marc Morrisette, assisté d'un backing-band plus que compétent, habille donc ses réflexions angoissées de multiples couches de guitares savantes, claviers tranchants et lap-steel implorantes.


D'entrée By The Wayside et ses instrumentations imbriquées placent la barre haute : un morceau tendu brillamment construit en 3 actes où les trompettes mariachis accompagnent des choeurs apocalyptiques répétant d'inquiétants "we all fall by the wayside". Batterie et basses en avant, Cisco Kid révèle quant à lui un charme psychédélique noir, en parfait écho aux paroles empreintes de paranoïa de Morrisette. No Qualms offre un sublime enchevêtrement de guitares expressives pour un résultat invitant à la transe. Plus loin c'est Shit Just Fall Apart et son rythme martial qui intriguent : le morceau est lacéré d'un étrange choeur nonchalant, et les guitares électriques tranchantes, toujours là. Chasing Ambulances, Impossible Way et Breath of Sunshine s'illustrent dans un registre plus classique et ne manqueront pas de susciter des comparaisons à Bright Eyes. Morrisette partage sans doute avec lui un penchant volontiers verbeux mais sur Run From Safety il chasse avec brio le naturel et compose un album sec et fataliste, mélodique et nerveux.
[chronique précedemment publiée sur VoxPopMag]

Octoberman
- By The Wayside (MP3)
Octoberman - Cisco Kid (MP3)


Acheter Run From Safety (2007, White Whale)


lundi 17 décembre 2007

Nicole Atkins - Neptune City


Programmée pour début septembre la sortie de Neptune City intervient finalement deux mois plus tard. La faute à des critiques alarmantes sur le travail de production de l'équipe suédoise engagée par Columbia. Dans cette première version, la voix de Nicole Atkins aurait été noyée dans le mur du son érigé par ces fameux producteurs-bûcherons. Donc si l'album que je tiens entre mes mains aujourd'hui est si brillant c'est soi-disant grâce au sauveteur en chef des naufrages annoncés, j'ai nommé le tout-puissant Rick Rubin, venu in-extremis appuyer sur les bons boutons et tirer sur les bonnes manettes pour rendre cette galette écoutable. Mais si vous voulez mon avis, la jeune Nicole y est pour beaucoup aussi, tant cet album tient les promesses du Bleeding Diamonds EP sorti l'année dernière. On retrouve donc avec plaisir le souffle lyrique et grandiose, volontiers pompier même, de ses compositions. A son meilleur, elle évoque le charme onirique d'une Paula Frazer qui aurait été boostée aux hormones. Vocalement époustouflant, mélodiquement excessif, ambitieux mais parfois boursouflé, Neptune City a peut-être les défauts de ses qualités mais permet de placer Nicole Atkins sur la carte des chanteuses à suivre.

Nicole Atkins - War Torn (MP3)
Nicole Atkins - Brooklyn's On Fire! (MP3)


Nicole Atkins - The Way It Is


Acheter Neptune City (2007, Columbia)

mercredi 12 décembre 2007

Nellie McKay - Obligatory Villagers


Après des tourments avec Columbia autour de la longueur de son précédent album (Pretty Little Head), et désormais libre de la pression d'une major, Nellie McKay nous revient avec un 3ème album, Obligatory Villagers, qui dépasse à peine les 30 minutes. Oui mais voilà, il s'agit de la demi-heure de musique la plus délicieusement baroque qu'il nous ait été donné d'entendre cette année. 9 petits morceaux sur lesquels la New-Yorkaise - qui peut fièrement s'enorgueillir d'avoir entièrement écrit, arrangé et orchestré ce bijou - fait s'entrechoquer avec malice jazz et pop, comédies musicales de Broadway et hip-hop. Accompagnée d'un véritable big-band, elle passe au peigne fin de son humour et de sa fausse candeur les ruminations politiques de la libérale qu'elle est. Sur Mother of Pearl, c'est aux féministes qu'elle s'en prend ("feminists don't have a sense of humor/they have a tumor on their funny bone") dans un hilarant exercice d'auto-dérision, numéro de piano-bar claquettes inclus. Les cuivres rutilants se font la part belle sur le parano Identity Theft tandis que Nellie nous gratifie de quelques passages rappés! Galleon nous fait entrer dans les coulisses animées d'un spectacle de Broadway ("saturday night in the men ensemble room/starting a fight in the men ensemble lair") : solo de saxophone vs solo de guitare, cette fille ne se refuse rien; l'auditeur jubile. Des effluves latinos s'échappent de Politan, morceau tragique et douloureux, preuve que Nellie McKay sait aussi nous faire pleurer quand elle veut. Il serait mal venu de parler de clou du spectacle dans un album qui recèle tant de moments forts, mais Testify emporte tout sur son passage dans une ferveur gospel qui devrait en convertir plus d'un. Ce qui nous conduit naturellement dans le Sud profond, où la malédiction du bayou, choeurs de mort-vivants à l'appui, nous condamne à danser la danse du Zombie. Mais vraiment, que ne ferait-on pas pour les beaux yeux de Nellie?

Nellie McKay - Identity Theft (MP3)
Nellie McKay - Testify (MP3)


Acheter Obligatory Villagers (2007, Hungry Mouse)

Cette chronique est aussi publiée sur VoxPopMag.

jeudi 6 décembre 2007

Bonnie Prince Billy - Ask Forgiveness


Will Oldham a toujours montré un goût singulier pour l'exercice de la reprise. L'éclectisme de ses choix ne doit pas masquer le soin avec lequel il s'empare des chansons des autres. C'est donc avec la même sincérité qu'il reprend aussi bien Tim McGraw que Judee Sill, les Cranberries que Leonard Cohen, David Allan Coe que Bob Dylan. Il s'en est fallu de peu pour qu'il ne sorte aucun disque en 2007, mais revoilà finalement Bonnie Prince Billy avec un mini-album de reprises certes moins décoiffant que la collaboration de l'année dernière avec Tortoise (The Brave and the Bold) mais tout de même superbe. Cette fois-ci il s'est entouré de Meg Baird et Greg Weeks d'Espers pour accoucher de 8 interprétations. Le choix le plus farfelu est à trouver à la fin de l'album avec une relecture touchante du World's Greatest de R Kelly tandis que la version la plus fidèle est celle du morceau d'ouverture, I Came To Hear The Music, de l'immense et mésestimé Mickey Newbury. L'occasion de dénoncer un scandale : la plupart des albums de Mickey Newbury attendent toujours d'être réédités en CD.

Bonnie Prince Billy - I Came To Hear The Music (MP3)
Mickey Newbury - I Came To Hear The Music (MP3)


Acheter Ask Forgiveness (2007, Drag City)

dimanche 2 décembre 2007

Steve Earle - Washington Square Serenade


"Won't be back no more, boss, you won't see me around. Goodbye, Guitar Town" chante Steve Earle sur Tennessee Blues, le morceau d'ouverture de son nouvel album, Washington Square Serenade. Plus de 20 ans après Guitar Town, son premier album qui fit l'effet d'une bombe sur l'establishment de Nashville, Steve Earle semble vouloir tourner la page. New York est sa nouvelle ville d'adoption et Allison Moorer sa nouvelle femme, ce disque sera donc un hommage à la première et une déclaration d'amour à la seconde. Produit par John King des Dust Brothers qui introduit ci et là quelques beats hip-hop, Washington Square Serenade respire davantage la plénitude de cette nouvelle vie que la rage politique de Jerusalem et Revolution Starts... Now. La présence vocale constante de son épouse ne fait qu'ajouter grâce à ce tableau idyllique.

Steve Earle - Tennessee Blues (MP3)
Steve Earle - Days Aren't Long Enough [feat. Allison Moorer] (MP3)


Acheter Washington Square Serenade (2007, New West)

vendredi 30 novembre 2007

Gary Louris - True Blue


Gary Louris - True Blue (via Songs Illinois)
Vagabonds sort le 8 février.


mardi 27 novembre 2007

Dwight Yoakam + The Derailers - Hommages à Buck!


Qui mieux que Dwight Yoakam pouvait légitimement, un an après sa mort, consacrer un album de reprises à Buck Owens? Lui qui chanta en duo avec le maître et qui surtout porta haut l'étendard du Bakersfield Sound pendant deux décennies. Sur Dwight Sings Buck, Yoakam donne le meilleur de lui-même sur des versions fidèles mais personnelles des hits que furent Act Naturally, Under Your Spell Again ou Together Again.
Héritiers plus modestes de Buck Owens, les Derailers se montrent des disciples appliqués sur l'explicite Under The Influence of Buck. Ce n'est pas la crédibilité honky-tonk qui manque aux Texans et avec une telle collection de tubes l'album est forcément un régal.
Si l'on devait choisir, je conseillerais bien sûr Dwight Sings Buck, parce que l'album est beaucoup plus maîtrisé et que Yoakam est un chanteur définitivement exceptionnel. Mais peu importe, tant que ces deux hommages incitent chacun à se pencher sur l'oeuvre inestimable de Buck Owens.

Dwight Yoakam - Under Your Spell Again (MP3)
The Derailers - My Heart Skips A Beat (MP3)


Dwight Yoakam - Close Up The Honky Tonks


Acheter Dwight Sings Buck (2007, New West)


Acheter Under The Influence Of Buck (2007, Palo Duro)

jeudi 22 novembre 2007

Jerry Jeff Walker - Mr Bojangles (1968)


Jerry Jeff Walker est né Ronald Clyde Crosby le 16 mars 1942 dans l'état de New-York. Passionné dans son enfance par le basket-ball et le rock'n'roll des fifties, il se tournera à la fin de son adolescence vers la musique folk. En 1963 il prend la route comme troubadour pour finalement atterrir au Texas. Il adopte le pseudonyme de Jerry Jeff Walker et forme avec Bob Bruno le groupe Circus Maximus qui offre alors un curieux mélange de folk, rock et jazz. Il quitte le groupe en 1968 pour se consacrer à l'écriture de son premier LP sur Atco. A l'époque Jerry Jeff Walker a le John Wesley Harding de Dylan en tête comme exemple réussi du mariage acoustique/électrique. D'un côté il s'adjoint les services de musiciens issus de la scène acoustique tels que David Bromberg, Jody Stecher (fiddle), Donny Brooks (harmonica) ou Danny Milhon (dobro). De l'autre il invite des fins limiers du jazz et du R&B, notamment le grand Ron Carter connu alors pour son travail avec Miles Davis.
Une grande partie des chansons composant Mr Bojangles furent inspirés par les expériences vécues par Jerry Jeff Walker sur la route. A commencer par l'enlevé Gypsy Songman qui, basé sur une mélodie traditionnelle, est justement un hymne à la vie de nomade. La chanson titre raconte sa rencontre dans une cellule de dégrisement à la Nouvelle-Orléans avec ce fameux Monsieur Bojangles, qui l'impressionna beaucoup.


JJW interprète Mr Bojangles au Dinah Shore Show en 1978

Little Bird fut l'une des premières chansons jamais écrites par Walker. Qu'un songwriter débutant puisse accoucher d'une telle beauté a de quoi laisser pantois d'admiration! Après une incartade aux allures de parodie bluegrass (I Makes Money (Money Don't Make Me)), Walker revient à son thème de prédilection, la route, sur l'exotique Maybe Mexico. L'épique The Ballad of The Hulk est un exercice de style à la Dylan tellement verbeux que Walker lui-même rechignait à le jouer, tellement il avait du mal à se rappeller des paroles! L'album se termine sur le sublime My Old Man, un hommage pudique aux hommes de sa famille, que Walker écrivit avec l'espoir qu'un jour son fils la jouerait en pensant à lui.
Si le premier album de Jerry Jeff Walker n'est pas tout à fait représentatif du reste de sa discographie, il y signe quand même un classique de la musique américaine (Mr Bojangles repris par à peu près par tout le monde de Dylan à Sammy Davis Jr en passant par Nina Simone et... Robbie Williams). Et aussi quelques perles folk qui justifient l'achat de ce Mr Bojangles par tous, et pas seulement les fans inconditionnels de JJW.

Jerry Jeff Walker - Little Bird (MP3)
Jerry Jeff Walker - My Old Man (MP3)


Acheter Mr Bojangles (1968)


lundi 19 novembre 2007

Mark Olson le 26 novembre à la Pomme d'Eve


Encore un concert qui vaudra le coup d'oeil (et d'oreille) : Mark Olson lundi prochain à Paris! Oui vous ne rêvez pas, après Gary Louris en juin dernier, l'autre moitié des feu Jayhawks investira la chaleureuse scène de la Pomme d'Eve pour un live qu'on pressent aussi mémorable que celui de son compère. Pour rappel Mark Olson est l'auteur cette année du sublime The Salvation Blues, album que je vous recommande chaudement!
Vous trouverez toutes les informations pratiques et de réservation sur l'affiche ci-dessus [EDIT = tarif réduit à 15 euros]. Soyez au rendez-vous!

Ecoutez Mark Olson sur sa page MySpace.




jeudi 15 novembre 2007

Lucinda Williams au Trabendo

La grande Lucinda Williams sera en concert ce vendredi au Trabendo. Un évènement à plusieurs titres. D'abord parce que c'est la première fois que la chanteuse honorera une salle française de sa présence. Ensuite parce qu'elle est l'artiste country-rock la plus respectée qui soit et qu'elle est souvent considérée comme l'équivalent féminin d'un Neil Young. Enfin, West, son 8ème album sorti au début de l'année, vient compléter une discographie frappée du sceau de l'excellence. Tout cela étant dit, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

video


mardi 6 novembre 2007

The Sadies - New Seasons


Avec un double-album live (In Concert, Vol 1) et la bande-originale d'un film d'animation (Tales of the Rat Fink) les fans avaient eu de quoi patienter; il n'en reste pas moins que le nouvel album studio des Sadies est un petit événement pour tout amateur de musique cosmique américaine qui se respecte. Trois ans après Favourite Colors, New Seasons replace une fois de plus le Canada - après The Band et Blue Rodeo - aux avant-postes de l'americana, ce genre dont le nom décrit mal les limites géographiques.
Surf, bluegrass, country psychédélique et garage-rock se mêlent sur fond de BO western à la Morricone : la formule n'a pas changé depuis leurs débuts, elle s'est juste améliorée. Mais New Seasons laisse volontiers plus de place aux morceaux chantés et les frères Good semblent plus confiants dans leurs capacités vocales. Il ne serait pas étonnant que Gary Louris (ex-Jayhawks), qui produit l'album et qui en connaît un rayon niveau harmonies vocales, y soit pour quelque chose. Les instrumentaux restent là pour démontrer s'il en était encore besoin la dextérité des musiciens, les duos de guitares de Brian et Dallas Good en tête. Les décors balancent entre pop Byrdsienne et country gothique à la Neko Case (normal de retrouver ce son car les Sadies l'accompagnent souvent) et pour un groupe qui reste souvent muet les paroles offrent pleine satisfaction. Citons le sublime Anna Leigh, et sa belle introduction claviers/choeurs, ballade échevelée sur un angoissant rêve prémonitoire; ou le mortifère mais lumineux Sunset to Dawn. Un fatalisme lancinant parcourt The Trial et l'amertume face à une relation vouée à l'échec prédomine sur Never Again, un des nombreux titres à évoquer les Volebeats, un autre groupe sous-estimé et méconnu.
Comme le suggère sa pochette couleur sépia, New Seasons est un disque idéal pour l'automne mais nul doute qu'il saura s'apprécier plus qu'une saison.

The Sadies - Anna Leigh (MP3)
The Sadies - My Heart of the Wood (MP3)


Acheter New Seasons (2007, Yep Roc)


vendredi 2 novembre 2007

Winterpills - The Light Divides


Le fantôme d'Elliott Smith rôde toujours au-dessus de la musique de Winterpills. Leur premier album ne laissait aucun doute sur cette influence majeure. Leur second, The Light Divides, les confirme en dignes héritiers du chanteur de Portland. Qui s'en plaindra à l'écoute des mélodies gracieuses et des harmonies douces et tragiques de Philip Price et Flora Reed?

Winterpills - Broken Arm (MP3)
Winterpills - Handkerchiefs (MP3)


Acheter The Light Divides (2007, Signature Sounds)

lundi 29 octobre 2007

RIP Porter Wagoner (1927-2007)


I'll Go Down Swingin' sur The Thin Man From West Plains (1965)
The Cold Hard Facts Of Life sur The Cold Hard Facts Of Life (1967)
Dark End Of The Street (avec Dolly Parton) sur Just The Two Of Us (1968)
Sorrow Overtakes The Wine sur The Carroll County Accident (1969)
The Rubber Room sur What Ain't To Be Just Might Happen (1972)
Men with Broken Hearts/(I Heard That) Lonesome Whistle sur Wagonmaster (2007)


jeudi 25 octobre 2007

Tegan and Sara - The Con


Les jumelles les plus en vue de l'indie-rock ont fait leur retour cet été avec un album épique, sombre et entraînant. C'est bien sûr des Canadiennes Tegan and Sara et de leur 5ème opus, The Con, dont je vous parle. J'avoue, je suis complètement passé à côté de leurs 4 premières réalisations donc je ne me risquerai pas aux jeux des comparaisons mais le fait est que The Con m'a littéralement scotché sur place par tant d'efficacité et de profondeur. Les soeurs Quin tirent le meilleur d'une palette sonique allant du punk à la new-wave, de la pop au grunge, sans négliger quelques touches folk. Leurs voix, légèrement synthétiques, s'unissent ou se répondent sur des mélodies complexes et des rythmes syncopés invitant selon l'humeur à l'introspection ou à la danse. L'exemple le plus frappant de cette réussite est Back In Your Head et son piano entêtant qui a d'ores et déjà gagné le titre du tube de l'année. Et le reste de l'album est tout aussi recommandable!

Tegan and Sara - Back In Your Head (MP3)
Tegan and Sara - I Was Married (MP3)


Acheter The Con (2007, Vapor)

samedi 20 octobre 2007

Patrick Park - Everyone's In Everyone


Salué par la critique, Loneliness Knows My Name, le 1er album de Patrick Park, n'en avait pas moins été un cuisant échec commercial. Le statut de songwriter maudit lui semblait donc promis lorsque le destin vint frapper à sa porte. Le destin ce jour-là avait pris la forme d'un gros producteur à cigare : Life Is A Song, le single inédit qui tournait sur sa page MySpace, avait été choisi pour illustrer la scène finale du dernier épisode du soap adolescent The OC. C'est ainsi que les choses s'améliorèrent pour Patrick Park : un nouveau label et l'opportunité de piocher dans la trentaine de titres écrits durant sa traversée du désert pour composer son 2ème album, Everyone's In Everyone, sorti début septembre.
Son folk urbain, Patrick Park a choisi de l'étoffer. Les fondations de ses chansons sont plus solides et ne reposent plus seulement sur la guitare et l'harmonica dont le Californien originaire de Denver ne se sépare jamais. Grâce soit donc rendue au trio de fins limiers ici aux manettes : Chris Stamey (Whiskeytown), Dave Trumfio (Wilco), et Rob Schnapf (Elliott Smith). L'ensemble a beau être agréable, on n’échappe pas à l'impression d'avoir écouté 11 fois la même chanson. Ces similitudes s'avèrent particulièrement gênantes sur certains refrains qu'on jurerait copiés-collés. A quelques reprises heureusement Patrick Park s'éloigne de cette routine folk. D'abord sur le mini-tube Life Is A Song, morceau d'ouverture en forme de manifeste de vie. Puis sur le sublime Here We Are, où guitare et chant s'unissent pour évoquer immanquablement le fantôme d'Elliott Smith. Quant au brûlot anti-guerre Pawn Song, il adopte un ton volontiers plus rentre-dedans, une attitude qu'on aurait aimé voir le chanteur prendre plus souvent sur cet album qui finalement nous laisse un peu sur notre faim.

Patrick Park - Here We Are (MP3)
Patrick Park - Pawn Song (MP3)


Acheter Everyone's In Everyone (Curb Appeal, 2007)

jeudi 11 octobre 2007

Dolorean sur Voxpopmag


Dernier né des webzines musicaux, Voxpopmag propose chroniques, news, gros plans, interviews... Courtoisement invité à y contribuer, j'ai choisi de parler du superbe dernier album de Dolorean, You Can't Win, dont je me voulais de ne pas avoir parlé ici (Jladisco lui en discutait il y a pas longtemps). Vous pouvez lire la chronique en cliquant et écouter 2 extraits ci-dessous. Profitez-en pour parcourir les autres chroniques, toutes excellentes, ainsi que le reste du site et surveillez votre marchand de journaux car une version papier de VoxPop sortira dans les kiosques le 26 octobre.

Dolorean - Heather Remind Me How This Ends (MP3)
Dolorean - Beachcomber Blues (MP3)


Acheter You Can't Win (2007, Yep Roc)

dimanche 7 octobre 2007

Dolly Parton - Just Because I'm A Woman


Dolly Parton ne sortait pas de nulle part quand RCA la signe en 1967. Elle avait déjà fait un album solo pour Monument et surtout, elle s'était forgée une solide réputation en tant que vedette féminine du Porter Wagoner Show et pour les duos qu'elle interprétait avec ce dernier. Just Because I'm A Woman ne restera pas comme l'album qui a fait d'elle une star mais c'est néanmoins une réussite, pratiquement au niveau des classiques Jolene, Coat of Many Colors ou My Tennessee Mountain Home (3 albums récemment ressortis remasterisés et enrichis de raretés). Le choix des reprises est à chaque fois judicieux et adapté à la personnalité de la chanteuse. Mention spéciale à False Eyelashes qui raconte en quelque sorte l'histoire de Dolly* (une chanteuse qui quitte sa campagne pour la ville en quête de gloire, sauf que dans la chanson ça finit mal) et à The Only Way Out (Is To Walk Over Me), sur une femme bien décidée à garder son homme, coûte que coûte! Le meilleur est néanmoins à trouver dans les compositions de Dolly. Pour l'époque et quand on sait qu'elle s'adresse à l'Amérique profonde, la chanson titre (dont le message, à la portée limitée je vous le concède, pourrait se résumer ainsi : quand un couple se brise, ce n'est pas systématiquement la femme qu'il faut blâmer!) fait presque figure de manifeste féministe! Mais c'est depuis un pont (The Bridge) duquel naît et se termine une passion tragique que Dolly Parton époustoufle. Là, la chanteuse a atteint un sommet de country gothique.

Dolly Parton - Just Because I'm A Woman (MP3)
Dolly Parton - The Bridge (MP3)


Acheter Just Because I'm A Woman (1968, RCA)

*morceau superbement repris par Sarah Borges sur son dernier album!

vendredi 5 octobre 2007

Leeroy Stagger - Depression River


Ryan Adams canadien, fils spirituel de Steve Earle... Depression River nous arrive entouré d'un buzz apte à susciter la méfiance. Après écoute on aurait tort de faire la fine bouche car Leeroy Stagger tient la dragée haute à ces illustres aînés. Ce jeune Canadien de 24 ans fait preuve d'une facilité déconcertante que ce soit sur des hymnes bar-rock, des balades folk, ou des refrains catchy - différents registres mais une belle unité de style au final pour un album qui mérite toutes les louanges!

Leeroy Stagger - One Of The Lucky Ones (MP3)
Leeroy Stagger - Lay Down Your Guns (MP3)


Acheter Depression River (2006, Boompa)

lundi 1 octobre 2007

Freakwater - Dancing Under Water


Je me suis toujours plus ou moins représenté Freakwater comme le pendant féminin à Uncle Tupelo. Apparues à la même époque, les 2 formations n'ont-elles pas en commun de puiser aux sources de la country music, en particulier la Carter Family? Certes leur transcription de cet héritage roots diffère en de nombreux points. Le plus notable d'entre eux est l'alliage des si particulières voix de Catherine Irwin et Janet Bean. Leur chant approximatif et fatigué est pour beaucoup dans le sentiment d'authenticité que dégage leur musique. Leur premier album, Dancing Under Water, sort en 1991, soit un an avant le No Depression de Uncle Tupelo, considéré comme le point de départ de l'alternative country. Brut et authentique, telle une capsule en provenance des années 30, Dancing Under Water est une saisissante collection d'originaux et de reprises marqués du sceau de la fatalité et du désespoir.

Freakwater - A Song You Could Cry For (MP3)
Freakwater - Your Goddamn Mouth (MP3)


Acheter Dancing Under Water (1991, Thrill Jockey)

samedi 29 septembre 2007

Rilo Kiley


Non, contrairement aux apparences ce blog n'est pas mort; votre serviteur s'offrait juste une bienfaitrice parenthèse loin des posts, webzines et autres flux RSS. Oh mon dieu qu'il s'en passe des choses en à peine 3 semaines sur la planète musicale, j'ai pas fini de rattraper mon retard! Alors que j'apprends éberlué la mort de Jacques Martin, il me semble être venu le temps de réinjecter dans ce coin-ci de la blogosphère un peu de cette musique que j'affectionne tant. J'aurai pu trouver plus original pour ce début de saison, mais malgré mes réticences initiales l'album de Rilo Kiley a fini par emporter tous mes suffrages pour devenir l'album que j'ai le plus écouté au mois de septembre. Jenny Lewis est aussi à l'aise dans les costumes disco-eigthies de ce Under The Blacklight que dans les guêtres country qu'elle avait enfilé pour son album solo l'année dernière. Quant aux entêtants riffs de guitare de Blake Sennett, ils ne font qu'ajouter un peu plus de mordant à cet album sucré et contagieux. Sur ce, et malgré le retard, bonne rentrée à tous!

Rilo Kiley - Silver Lining


Rilo Kiley - Smoke Detector (MP3)


Acheter Under The Blacklight (2007, Warner)

dimanche 2 septembre 2007

Kim Richey - Chinese Boxes


A l'oeuvre derrière de nombreux tubes signés pour des stars country plus vendables qu'elle, Kim Richey rompt avec Chinese Boxes un silence discographique long de 5 années. Il semblerait que la chanteuse ait définitivement tiré un trait sur ses espoirs d'être plus qu'une des meilleures songwriters en activité à Nashville. Libérée de la pression des majors, elle signe pour Vanguard son meilleur album et assurément un sommet qu'il sera difficile de dépasser cette année, rayon pop-folk féminine.
Il y a d'abord la production de Giles Martin (fils de sir George) qui signe des arrangements plus qu'élégants où se cotoîent harmonieusement flûtes, glockenspiel, mellotron, piano, saxophones et sifflements. Il y a ensuite la voix de Kim Richey, judicieusement mise en avant, qui n'a jamais été aussi claire et expressive et qui ne manquera pas d'évoquer celle d'une plus illustre consoeur, Aimee Mann. Et puis, enfin et surtout, les chansons, tour à tour mélodiques et introspectives, mais dans tous les cas éblouissantes preuves d'un savoir-faire d'artisan. Si je ne devais en retenir que 3? L'aérien morceau d'ouverture Jack and Jill (candidate au titre de plus belle chanson de l'année), le sautillant I Will Follow (on peut être catalogué country et écrire la pop-song parfaite!), et Pretty Picture, conclusion sobre et mélancolique. Ces Chinese Boxes renferment bien d'autres bijoux, il ne tient plus qu'à vous de les ouvrir.


Kim Richey - Jack and Jill

Kim Richey - I Will Follow (MP3)
Kim Richey - Pretty Picture (MP3)


Acheter Chinese Boxes (2007, Vanguard)


mercredi 29 août 2007

David Mead chez Minimum et à la Flèche d'Or


Le dernier album en date de David Mead - Tangerine, défendu ici - bénéficie depuis le 27 août d'une sortie hexagonale grâce au jeune label Minimum. L'occasion de constater un an après qu'il n'a rien perdu de son charme et de sa classe pop. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, David Mead devrait se produire à la Flèche d'Or courant septembre. Un maximum d'applaudissements et longue vie à Minimum!

David Mead - Chatterbox (MP3)


vendredi 24 août 2007

The Mendoza Line - 30 Year Low


Shannon McArdle et Timothy Bracy ont décidé de mettre un terme à leur mariage civil et musical, The Mendoza Line n'est plus. Noyé dans la masse des grosses sorties de la semaine (Rilo Kiley, The New Pornographers, Josh Ritter...), 30 Year Low est donc le témoignage d'un groupe et d'un couple en fin de parcours. 11 ans de longévité et une carrière riche de 8 albums (dont le pic atteint avec Full of Light and Full of Fire en 2005) n'auront hélas pas suffi à les sortir de l'anonymat. Mais l'ironie du sort pourrait bien faire de ce chant du cygne leur effort le plus populaire, notamment grâce à la contribution de Will Sheff d'Okkervil River sur le superbe Aspects of an Old Maid. Quoi qu'il en soit, ce double-album (le second disque est une compilation de raretés et titres live) fera office pour les retardataires d'une excellente introduction à l'envers à la discographie des déjà regrettés Mendoza Line.

The Mendoza Line - Since I Came (MP3)
The Mendoza Line - Aspects of an Old Maid (featuring Okkervil River's Will Sheff) (MP3)
The Mendoza Line - I Lost My Taste (MP3)

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Sur Full of Light and Full of Fire (2005) :

The Mendoza Line - Catch a Collapsing Star (MP3)
The Mendoza Line - Mysterious in Black (MP3)


D'autres MP3 sur cette page.

mercredi 22 août 2007

The Silver Seas (ex-The Bees US) - High Society


Finis les quiproquos, vous n'aurez bientôt plus d'excuses pour ignorer les talentueuses abeilles américaines : The Bees (U.S.) renaît sous l'identité de The Silver Seas. Et en profite pour ressortir leur dernier album en date, le magnifique High Society (8ème de mon top 2006), sur Cheap Lullaby Records le 09 octobre prochain.

The Bees (U.S.) The Silver Seas - Miss November (MP3)
The Bees (U.S.) The Silver Seas - Hard Luck Tom (MP3)


Acheter High Society (2006, 2007)

jeudi 16 août 2007

Brothers and Sisters


Partis de Californie, Hawaï, Tennessee, Louisiane et Caroline du Nord, les chemins des 8 membres de Brothers and Sisters se sont finalement croisés à la Mecque texane de la musique, Austin. Leur biographie (signée de la plume de Will Sheff d'Okkervil River) fait remonter la genèse du groupe à un concert des Beach Boys auquel les parents de Will et Lily Courtney (le noyau familial du groupe) amenèrent leurs rejetons. Pas étonnant que le destin de la fratrie en fut profondément bouleversé, Will prenant son bâton de pèlerin (le terme a son importance pour le fils d'un prêtre baptiste et d'une chanteuse gospel) pour rejoindre la terre promise de ses idoles - outre les frères Wilson, les Flying Burritos Brothers, The Mamas and The Papas, Love, Buffalo Springfield -, la Californie. Mais le fils Courtney n'était pas fait pour les excès de Los Angeles. Il préfère rejoindre sa soeur à Austin où ils forment ensemble Brothers and Sisters, un combo aux faux-airs de secte dont le dernier membre en date n'est autre que Conrad Keely de ...And You Will Know Us By The Trail of Dead.
Sur leur premier album éponyme sorti l'année dernière, les Brothers and Sisters suivent peu ou prou les préceptes édictés 30 ans plus tôt par Gram Parsons. De musique cosmique il s'agit donc ici, mais de ces 12 étoiles que renferme l'album le groupe n'hésite pas à montrer la face cachée : un spleen sous-jacent, une mélancolie sourde qui vont pourtant si bien à ces refrains pop et ces harmonies à la Jayhawks. Loin de le pénaliser, les imperfections inhérentes à un disque autoproduit apportent à l'album un supplément d'âme, une proximité qui fait défaut à bien des productions ultra-léchées.
De nos jours un groupe qui sait écrire des chansons simples est précieux. One Night est de ces chansons que l'on est persuadé d'avoir déjà entendu quelque part. C'est juste immédiat, frais et revigorant.



Without You surprend le groupe dans un exercice de voltige éthérée où les voix des sisters révèlent tout leur charme. Los Angeles et I Want You sont des morceaux plus "hard", bluesy en quelque sorte, nouvelle preuve de la surprenante versatilité des Texans. Old Age est un autre de mes morceaux favoris. L'occasion de souligner les qualités vocales de Will Courtney!
Lost and Found est l'effort le plus west-coast pop du lot, qui pourrait être sous-titré "fenêtres ouvertes, cheveux aux vents sur la route de Big Sur!". Si si, fermez les yeux c'est l'impression que ça fait...

Brothers and Sisters
- Lost and Found (MP3)

Je ne sais pas ce qu'il en est réellement mais Old Love Letters sonne comme un hommage aux deux albums solos de Gram Parsons. Autrement dit grâcieux et déchirant.

Brothers and Sisters
- Old Love Letters (MP3)

Going South doit beaucoup à l'addition d'un fiddle songeur qui permet de conclure l'album sur une note poignante. Au sud, à l'ouest, l'est ou le nord, n'importe où, je vous conseille de suivre la route de ce groupe attachant et prometteur.


Acheter Brothers and Sisters (I Eat Records, 2006)

dimanche 12 août 2007

Fiona Apple + Nickel Creek


Issus d'univers musicaux si distincts, le trio neo-bluegrass Nickel Creek et la diva pop Fiona Apple n'étaient pas fait pour se rencontrer. C'était sans compter sur Jon Brion qui les fit se croiser au club Largo de Los Angeles dont il est résident permanent. Une complicité musicale naquit rapidement au fil des Watkins Family Hour (un show régulier tenu par Sara et Sean Watkins au club Largo) auxquels Fiona Apple fut invitée, jusqu'à ce que la chanteuse rejoigne au début du mois le groupe sur sa tournée d'adieux. L'occasion de revisiter ses tubes à la sauce acoustique et de se frotter à un répertoire country-folk comme sur cette reprise de Gillian Welch.

Fiona Apple & Nickel Creek - I Want to Sing that Rock and Roll (MP3) [Live from Charlottesville, 04/08)]
Fiona Apple & Nickel Creek - Extraordinary Machine (MP3) [Live from Charlottesville, 04/08)]

jeudi 9 août 2007

The Mothers Hips - Kiss The Crystal Flake


Qu'attendre d'un groupe qui a repris l'intégralité d'Everybody Knows This Is Nowhere en concert? Du bon, du très bon forcément me direz vous. Et en effet c'est que ce nous offre The Mother Hips sur leur nouvel album, Kiss The Crystal Flake.
En activité depuis une quinzaine d'années, le groupe de Chico, Californie, est resté discret sur la scène rock américaine tout en se forgeant une base de fans très solide. Back To The Grotto inaugure leur discographie en 1992 et leur vaut d'être signé par American Recordings pour leur deux albums suivants, Part-Timer Goes Full et Shootout. The Green Hills Of Earth (2001) voit le groupe prendre une direction plus expérimentale et la critique dithyrambique citer les Beach Boys, les Kinks ou les Byrds.
Mis en hiatus durant plusieurs années, le groupe revient donc en 2007 avec Kiss The Crystal Flake, 6ème album qui permet de mesurer tout le chemin parcouru depuis Back To The Grotto. Le groupe s'est définitivement débarrassé de l'étiquette hippie qui lui collait aux basques. The Mother Hips livre désormais un rock direct et efficace, délicatement infusé d'influences psychédéliques, soul et power-pop. 12 perles mélodiques jalonnent ce tour de force continuel au cours duquel les 2 têtes pensantes du groupe, Tim Bluhm et Greg Loiacono, se livrent des duels vocaux et guitaristiques absolument géniaux. Si justice il y avait dans ce monde impitoyable de la musique, The Mother Hips seraient en tête des charts et Kiss The Crystal Flake un sérieux prétendant à la plus haute marche des tops de fin d'année.

The Mother Hips - Confirmation of Love (MP3)
The Mother Hips - TGIM (MP3)


Acheter Kiss The Crystal Flake (2007, Camera)

dimanche 29 juillet 2007

San Saba County - It's Not The Fall That Hurts


Après un 1er effort (Easy Does It, 2004) franchement alt-country, le 2ème album de San Saba County, It's Not The Fall That Hurts, se veut plus varié comme le prouve le morceau d'ouverture, More Than Me, à l'humeur plus urbaine que désertique. Psalm 102 est une chanson plus prévisible de la part des Texans mais c'est néanmoins la meilleure du disque : une mélodie plaintive basée sur une ligne de banjo irrésistible. Medicine sonne comme la récolte d'un voyage dans le futur : imaginez donc, Jeff Tweedy et Jay Farrar auraient reformé Uncle Tupelo! San Saba County continue à surprendre tout le long du disque, aussi à l'aise dans le honky-tonk (Oh, And One More Thing..., Hell To Pay) que dans la pop western (le très Old 97's Springtime, New Morning). Nul doute qu'avec leur subtil mélange d'influences savamment digérées, San Saba County fasse bientôt la fierté de la petite localité du Texas dont le groupe a tiré son nom.

San Saba County - Psalm 102 (MP3)
San Saba County - More Than Me (MP3)
San Saba County - Medicine (MP3)


Acheter It's Not The Fall That Hurts (2006, India)