mardi 24 juin 2008

Acoustic In Paris - The Last Shows!


Acoustic In Paris clôture une longue et belle série de concerts avec deux légendes folk habituées des rendez-vous organisés par Hervé Oudet. En effet, Eric Andersen et Iain Matthews se partageront la scène de la Pomme d'Eve les mardi 1er et mercredi 2 juillet. Le songwriter néerlandais Ad Venderveen complète l'affiche de deux soirées qui promettent d'être riches en émotions. Bravo à Hervé pour son travail passionné au service de la musique acoustique (jetez plutôt un coup d'oeil à son tableau de chasse) et souhaitons-lui bonne route!

Iain Matthews - Desert Inn (MP3) [sur If You Saw Thro’ My Eyes (1971)]
Eric Andersen - Just A Little Something (MP3) [sur More Hits From Tin Can Alley (1968)]

mercredi 18 juin 2008

Sur la toile...


Cela fait toujours bizarre de voir des noms tels que Julie Roberts ou Ashton Shepard cités dans les colonnes de Pitchfork mais reconnaissons que, régulièrement, on est agréablement surpris et c'est souvent sous la plume de Stephen M. Deusner (qui avait eu le bon goût de placer Miranda Lambert dans son top 10 de 2007). Dans la rubrique Through The Cracks, Mr Deusner revient sur les sorties country dignes d'intérêt de ces derniers mois. Outre Men & Mascara, le remarquable album de Julie Roberts (quand même sorti en 2006, et classé 21ème meilleur disque de cette année-là par le blog que vous lisez), est fait mention de l'album d'Alan Jackson produit par Alison Krauss, du regretté Porter Wagoner qui sortait l'année dernière le beau Wagonmaster, et des sympathiques Bluegrass Sessions de Merle Haggard. Pas vraiment un tour d'horizon exhaustif de l'actualité country mais un bel effort que l'on espère voir se reproduire de la part de l'influent webzine américain - qui un peu plus loin nous gratifie d'une interview d'Emmylou Harris, à l'occasion de la sortie de All I Intented To Be.

Julie Roberts - Mama Don't Cry (MP3)
Merle Haggard - Holding Things Together (MP3)

A tout ceux qui s'intéressent un peu au genre je conseille d'aller surveiller la liste en cours actuellement sur le blog Country Universe qui classe les 100 Greatest Women de la musique country. La sélection s'équilibre tant bien que mal entre divas country-pop et artistes plus pointues. Plus que 12 marches avant la grande gagnante et nul doute que les noms d'Emmylou Harris, Dolly Parton, Patsy Cline, et Loretta Lynn devraient pointer le bout de leur nez, mais dans quel ordre? J'espère juste que Kitty Wells ne sera pas oubliée.

Kitty Wells - Paying For That Back Street Affair (MP3)

Un autre compte à rebours est en train de s'achever, cette fois-ci sur l'excellentissime blog Setting The Woods On Fire. Les lecteurs ont été invités à voter pour leurs 60 artistes country préférés. La liste est là sans aucune faute de goût et dépasse quelque peu les limites strictes du genre. Ne reste que les deux premières places à être dévoilée et selon toute vraisemblance ça devrait se jouer entre Hank Williams et Johnny Cash.

Hank Williams - Setting The Woods On Fire (MP3)

mardi 17 juin 2008

Michael Holland - Simple Truths And Pleasures

Il y aurait beaucoup à écrire pour venger l'anonymat dans lequel Jennyanykind, le groupe des jumeaux Holland, traversa les années 90 et le début de cette décennie. Depuis le split du groupe, Michael Holland s'est progressivement éloigné du rock psychédélique qui, pour faire court, faisait la marque de Jennyanykind. La faute à la découverte de la Harry Smith Anthology of American Folk Music qui changea profondément sa vision des choses. Bootlegger's Dreams fut donc en 2003 la première étape d'un processus de retour aux sources de la musique des Appalaches. Conçu alors comme un cadeau de mariage à sa femme, l'album séduisait en tissant des motifs lancinants autour d'un folk encore fortement impregné de psychédélisme. C'est sur une trame franchement bluegrass que se dessinait 2 ans plus tard le sublime Tomorrow American Treasures, plaçant définitivement Holland dans le clan des songwriters de grande classe.

Sorti au début de l'année, Simple Truths And Pleasures est le plus traditionnel de ses efforts solo. Les 14 morceaux ici présents agissent comme autant d'incarnations du Sud intemporel, Holland se plaisant à manipuler les mythes de Lesley Riddle - compagnon de route méconnu de la Carter Family -, du duo de hors-la-loi Bill Payne et Wash Turner ou encore du célèbre fugitif et terroriste chrétien Eric Rudolph. Servies par les talents du groupe bluegrass Big Fat Cap, ces chansons naviguant aux frontières de la country, du folk et du gospel passent du romantisme (How Long Will She Make Me Wait?, I Was Born To Love Her) au contemplatif (Starry Nights, A Life Of Ease) avec la même aisance mélodique. La signature vocale du chanteur finit de faire de cet album un véritable bijou old-time qui tient toutes les promesses de son titre.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

Michael Holland - Life Of Ease (MP3)
Michael Holland - Bill Payne And Wash Turner (MP3)


Acheter Simple Truths And Pleasures (2008, Moll)

mardi 10 juin 2008

The Chapin Sisters - Lake Bottom LP

Leurs harmonies vous enchanteront, vous tomberez sous le charme de leurs mélodies en apesanteur, mais attention, leurs textes pourraient bien vous glacer le sang! Ce sont les Chapin Sisters, 3 soeurs donc, deux d'entre elles ayant pour père le chanteur folk pour enfants Tom Chapin et la 3ème étant la fille du cinéaste d'épouvante Wes Craven... Un premier indice du caractère volontiers macabre de l'entreprise avant une pochette, gothique à souhait, qui plante le décor quelque part entre The Virgin Suicides et May.

Leur premier album, Lake Bottom LP, baigne dans une mare de tristesse et désespoir où seuls le suicide, le meurtre ou la souffrance semblent apporter une réponse. Ces émotions borderline, les soeurs Chapin les traduisent dans des paroles tour à tour morbides, acerbes et désenchantées. Les choeurs hantés de Kill Me Now offrent l'écrin parfait à cette sinistre supplique : "You've ruined my life/don't defend it, no, no/Just go get a a knife/and please end it woah oh". Plus loin on est subjugué par la beauté de Drop Me avant d'en découvrir les mots meurtris : "Play me like the fool/Treat me mean and cruel/I wanna be schooled in your love". Cruelles sur Don't Love You ou sarcastiques sur Girlfriend, les soeurs Chapin ne manquent décidément pas de franchise à l'égard de la gent masculine. Moins sensationnels, Hey, Can't We Please, ou Shady River touchent tout autant de la part d'un trio qui ne cesse de nous rappeler au bon souvenir des groupes vocaux des années 70 comme Crosby, Stills, Nash & Young ou même actuels - on pense notamment aux Moore Brothers, autre fratrie unie sous le signe des harmonies célestes, signés sur le même label, et dont les Chapin Sisters pourraient être l'équivalent féminin. Quoiqu'il en soit, leur folk tragique et gracieux devrait en troubler plus d'un.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

The Chapin Sisters
- Drop Me (MP3)
The Chapin Sisters - Kill Me Now (MP3)




Acheter Lake Bottom LP (2008, Plain Recordings)


vendredi 6 juin 2008

Chatham County Line - IV


Dave Wilson et sa bande sont de retour deux ans après le très réussi Speed Of The Whippoorwill. Le logiquement nommé IV place une fois de plus Chatham County Line à part dans la mouvance des groupes old-time. La virtuosité n'est pas ce qui les préoccupe en premier et c'est tant mieux. L'accent est surtout mis sur les mélodies, tour à tour accrocheuses ou mélancoliques, et les harmonies vocales, toujours superbes. Chris Stamey (ex-dB's) est aux manettes, ce qui tendrait à expliquer à la fois le son plus peaufiné et au final un disque plus direct et efficace.

Chatham County Line - Birmingham Jail (MP3)
Chatham County Line - Country Boy/City Boy (MP3)


Acheter IV (2008, Yep Roc)


lundi 2 juin 2008

Bombadil - A Buzz, A Buzz

Plus que le même label, les Bombadil partagent avec les Avett Brothers cette même énergie communicative, une sincérité et une spontanéité désarmantes. Ce groupe de Caroline du Nord n'en est pas à son premier coup d'essai discographique puisque un EP sorti en 2006 avait déjà témoigné de tout leur potentiel. Une partie de leur formule, Daniel Michalak et Bryan Rahija, membres fondateurs du groupe, sont allés la chercher en Bolivie. De leur séjour ils ont ramené l'exotisme de leur folk foutraque qui se traduit par l'utilisation d'instruments du cru tels que le charango ou le zampona. Mais la palette sonique du groupe ne s'arrête pas là puisque trombone, banjo, glockenspiel, accordéon et autres instruments plus ou moins conventionnels se joignent au joyeux bordel organisé par la bande.

Si A Buzz, A Buzz repose avant tout sur l'énergie et la folie d'une poignée de morceaux géniaux, l'album s'offre des échappées douces et mélancoliques, ce qui finit de le rendre réussi et attachant. Julian Of Norwich, Cavaliers Har Hur ou encore Johnny sont des chansons qui tombent clairement dans le premier cas de figure. Euphorie et exubérance y prennent la forme de sing-along frénétiques et de ruptures de rythme efficaces, le tout sur fond de grand maëlstrom instrumental absolument jouissif. Des morceaux plus posés tels que Trip Out West, Three Saddest Words ou encore One Two Three se chargent d'apporter contraste et profondeur à ce brillant tableau. Puis le très beau Get To Gettin On et ses superbes harmonies closent l'album en laissant entrevoir pour Bombadil un avenir riche de possiblités.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

Bombadil - Cavaliers Har Hur (MP3)
Bombadil - Three Saddest Words (MP3)


Acheter A Buzz, A Buzz (2008, Ramseur Records)

vendredi 23 mai 2008

Kathleen Edwards - Asking For Flowers


Kathleen Edwards est de cette race de folk-rockeuses qui doivent beaucoup à Lucinda Williams et son Car Wheels On A Gravel Road. Non pas que Asking For Flowers, le 3ème album de la Canadienne, atteigne les sommets de ce chef d'oeuvre. Mais c'est néanmoins un excellent objet country-rock à la Crazy Horse, agréable et varié, superbement écrit et produit. Edwards surprend d'emblée avec Buffalo, qui s'apparente d'abord à une power-ballad larmoyante au piano mais qui résiste brillamment aux écoutes successives. Toutes aussi réussies mais plus subtiles sont les autres ballades du disque, à commencer par le sublime Alicia Ross sur lequel Edwards se met dans la peau de la victime d'un meurtre qui défraya la chronique au Canada ou Scared At Night qui bouleverse à conter les blessures de l'enfance.

Mais Edwards sait aussi secouer et décocher des saillies percutantes et drôles comme sur The Cheapest Key ("A is for all the times I bit my tongue/B is for bullshit and you fed me some") - qui, s'il y a une justice dans ce monde, devrait squatter les playlists des radios rock - et l'hymne country I Make The Dough, You Get The Glory ("I'm a Ford Tempo, you're a Maserati/You're the Concord, I'm economy"). Elle développe ailleurs un sens de l'observation sinon politique au moins sociale comme sur Oil Man's War, sur ces jeunes Américains qui fuirent au Canada lors de la guerre du Vietnam pour éviter l'incorporation, et l'abrasif Oh Canada, une complainte à un pays lui non plus pas épargné par les tensions raciales. "Asking for flowers, is like asking you to be nice" chante-t-elle sur le morceau-titre. Alors soyez gentils, et à défaut d'un bouquet, offrez-lui l'honneur d'écouter son album. Vous ne le regretterez pas.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

Kathleen Edwards sera en concert à l'Alhambra le 22 juin.

Kathleen Edwards - Asking For Flowers (MP3)
Kathleen Edwards - Oh Canada (MP3)


Acheter Asking For Flowers (2008, Zoe)


lundi 19 mai 2008

Animals in Time : Neko Case and the Contemporary Country


Si vous cherchiez un prétexte pour réécouter le meilleur disque de 2006, Fox Confessor Brings The Flood de Neko Case, vous pouvez vous plonger dans l'intéressant article que lui consacre Michelle Banks sur PopMatters.

Neko Case - Star Witness (MP3)


Acheter Fox Confessor Brings The Flood (2006, Anti)

samedi 17 mai 2008

Malcolm Holcombe - Gamblin' House


Malcolm Holcombe, c'est d'abord une voix qui impose le respect. Ravagée, on l'imagine, par des années de mise à l'épreuve sous le climat rude des Blue Ridge Moutains, elle rugit, grogne ou apaise dans un souffle doux selon l'humeur du chanteur. Gamblin' House est une nouvelle collection (sa 5ème) de ballades où Holcombe revisite brillamment, quelque part entre folk, blues et country, la musique des Appalaches.

Malcolm Holcombe - Cynthia Margaret (MP3)
Malcolm Holcombe - You Don't Come See Me Anymore (MP3)


Acheter Gamblin' House (2008, Echo Mountain)

jeudi 15 mai 2008

Eddy Arnold 1918-2008


Pionnier du Nashville Sound, Eddy Arnold est décédé le 8 mai à l'âge de 89 ans. Il comptait déjà de nombreux hits à son actif lorsque pour relancer sa carrière dans les années 60 Arnold adopta le son countrypolitan, subtile dilution de la country dans la variété américaine. Eddy Arnold fut ainsi considéré comme l'artiste qui permit de populariser la country dans tous les Etats-Unis, élargissant son audience du public rural aux foules des grandes villes. Il avait pour lui une belle gueule et une voix douce, à l'opposé du timbre nasal des chanteurs hillbilly. Il reste encore aujourd'hui l'artiste country le plus capé en terme de chansons placées dans les charts. A lire un article du New-York Times qui revient sur son parcours, et sa bio sur AllMusic.

Eddy Arnold - I'm Gonna Lock My Heart (And Throw Away The Key) (MP3)
Eddy Arnold - Make The World Go Away (MP3)


Acheter Eddy Arnold RCA Country Legends (Buddha)

mardi 13 mai 2008

Willie Nelson - Moment Of Forever


Willie Nelson a eu quelques idées farfelues ces derniers temps comme tourner un clip avec Jessica Simpson dans une course de tracteur-tondeuse ou - moins marrant - défendre la thèse du complot à propos de l'effondrement des Twin Towers. Bon, mettons ça sur le compte de sa consommation excessive de substances hallucinogènes... mais quand même, confier la production de son nouvel album à Kenny Chesney?! Notre indulgence a des limites... et nos préjugés la vie dure car Moment Of Forever est loin d'être le désastre qu'on aurait pu imaginé entre les mains de la superstar de la country bien grasse. Loin du son crade concocté par Ryan Adams sur Songbird, le précédent album de Nelson, Chesney adopte une ligne claire et pas si lisse que ça, laissant toute la place nécessaire à la voix de Nelson. Comme d'habitude chez Nelson, la track-list est un subtil dosage entre reprises, originaux et relectures de son propre répertoire. Il s'attaque ainsi au Gotta Serve Somebody du Bob Dylan période chrétienne (Slow Train Coming) : les boucles de guitares bluesy et le renfort en cuivres ont beau y faire, le sermon a du mal à passer.

Si bien qu'on préfère s'attarder sur la belle version du Louisiana de Randy Newman qui évoque inévitablement le fantôme de Katrina et doit beaucoup de sa réussite à l'harmonica de Michael Raphael ou sur la reprise d'un morceau peu connu de Kris Kristofferson (A Moment Of Forever). Nelson revisite son You Don't Think I'm Funny Anymore (toujours aussi funny) mais de sa plume on retiendra Over You Again, sublime morceau d'ouverture tout en guitares planantes sur lequel Chesney semble s'être fortement inspiré du travail de Daniel Lanois (qui produisit le Teatro de Nelson en 1998). Mais surtout, Moment Of Forever est entre les lignes une sorte d'album concept sur la mort et l'âge traité avec toute la distance et la sagesse qu'on pouvait attendre d'un éternel cowboy hippie de 74 ans.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

Willie Nelson - Moment Of Forever (MP3)
Willie Nelson - Louisiana (MP3)


Acheter Moment Of Forever (2008, Lost Highway)

Willie Nelson sera en concert le vendredi 16 mai au Grand Rex à Paris.

mardi 6 mai 2008

Tift Merritt à la Java le 21 mai (avec Will Hoge)






lundi 5 mai 2008

Jason Collett - Here's To Being Here


Connu pour sa contribution au collectif canadien Broken Social Scene, Jason Collett signe avec Here's To Being Here son 3ème effort solo. Mais attention, les fans de BSS ne doivent pas s'attendre ici à une nouvelle tranche d'indie-rock sophistiqué. L'album n'est pas estampillé de la série "Broken Social Scene presents..." et contrairement à son prédecesseur Idols Of Exile (qui comptait à son générique un véritable who's who de la clique Arts & Craft), Here's To Being Here est avare en collaborations (à peine Kevin Drew et Andrew Whiteman viennent-il prêter main forte à Collett sur Charlyn, Angels Of Kensington). Non, le credo de Jason Collett c'est plutôt Dylan et pour l'accompagner il a même son The Band à lui, les très capables Paso Mino.

Howie Beck s'affaire côté production à reproduire le son chaleureux et propre des seventies, tandis que Collett se charge de fournir 12 chansons témoignant de son talent versatile de songwriter. Le groovy Out Of Time attire le premier l'attention avec ses hululements à la Mick Jagger mais les écoutes successives révèlent d'autres perles comme Through The Night These Days, Nothing To Lose où le chanteur met sa voix à l'épreuve, et un Papercut Hearts à la tonalité brit-rock. Sorry Lori, Somehow et Roll On Oblivion ressuscitent le son west-coast de Fleetwood Mac là où No Redemption Song revisite la folk-song countrifiée à la manière des musiciens outlaw du début des années 70. Autant de figures imposées desquelles Collett se dépatouille avec grâce et personnalité, loin, très loin d'ancrer l'album dans un embarrassant pastiche. Tout coule ici avec fluidité, les guitares omniprésentes, le phrasé nonchalant de Collett, les refrains moelleux et décontractés. Comme l'indique son titre, Here's To Being Here est un verre levé aux bonheurs simples et l'écoute de ce disque de rock frais et direct en fait partie.
[Chronique également publiée sur VoxPopMag]

Jason Collett - Papercut Hearts (MP3)
Jason Collett - Charlyn, Angel Of Kensington (MP3)


Acheter Here's To Being Here (2008, Arts & Crafts)


vendredi 2 mai 2008

Les Volebeats sur la Blogothèque


Après Bob Wills, c'est le "meilleur groupe américain", les Volebeats, que j'ai décidé de mettre à l'honneur sur la Blogothèque. Des extraits et un survol discographique qui, je l'espère, vous inciteront à réhabiliter ce groupe trop méconnu.

mercredi 30 avril 2008

Caroline Herring - Lantana


Qu'elles soient fortes, innocentes ou horribles, les femmes qui peuplent Lantana composent la vision du "sud gothique" de Caroline Herring. Heartbreak Tonight évoque le poids des conventions imposées aux femmes. Fair And Tender Ladies rend hommage à 3 héroïnes du Mississippi. Lover Girl a été écrite pour sa fille et Song For Fay s'inspire du personnage troublant du roman de Larry Brown. Quant à Paper Gown, c'est un petit chef d'oeuvre de murder-ballad qui puise dans la sordide histoire de Susan Smith qui tua ses enfants pour gagner l'amour d'un homme : "I confessed that for love’s sake/I drowned my children in John D. Long Lake/They’re with Jesus, looking down/At me in this paper gown".

Caroline Herring - Paper Gown (MP3)
Caroline Herring - Song For Fay (MP3)


Acheter Lantana (2008/Signature Sounds)


mardi 22 avril 2008

Gary Louris - Vagabonds

Les Jayhawks furent l'un des groupes les plus précieux à émerger de la scène roots-rock au début des années 90. Bien qu'ils ne rencontrèrent jamais le succès de certains de leurs pairs comme Wilco, leur amalgame sonore des Bryds, de Gram Parsons et de Big Star leur valurent de signer quelques classiques à commencer par Tomorrow The Green Grass en 1995. C'est justement après cet album que Mark Olson quitta les Jayhawks, laissant Gary Louris seul aux commandes. Louris tint bon la barre sur 3 albums supplémentaires avant que les Jayhawks ne s'évanouissent dans une coupable indifférence. Après Mark Olson, qui fit reparler de lui l'année dernière avec un album solo, c'est au tour de Gary Louris d'effectuer son come-back avec Vagabonds.

Les qualités vocales du chanteur sont demeurées intactes et la production de Chris Robinson (Black Crowes) les met judicieusement en valeur, notamment sur True Blue et le morceau-titre. Mais les fans de la première heure pourraient se sentir frustrés par l'absence des superbes harmonies vocales qui faisaient la marque de fabrique des Jayhawks. Pour y pallier, Louris a engagé une chorale formée pour l'occasion et au casting de choix : Susanna Hoffs (ex-Bangles), Jenny Lewis, Johnathan Rice, ou encore Andy Cabic (Vetiver). La plupart du temps sa contribution flirte avec le superfétatoire sans pour autant gâcher de beaux morceaux, à l'exception notable de To Die A Happy Man et son final gospel presque indigeste. Parfois l'alchimie opère vraiment, comme sur She Only Calls Me On Sunday ou Black Grass, parenthèse audacieuse qui distille un doux charme psychédélique.
Louris adopte un registre introspectif pour clôturer l'album : DC Blues est une ballade âpre menée par la plainte de la pedal-steel et Meandering un folk sobre plaqué sur une orchestration vaporeuse. Vagabonds réserve de beaux moments mais on ne peut s'empêcher de penser que l'album aurait gagné à creuser cette veine intimiste.
[Chronique précédemment publiée sur VoxPopMag]

Gary Louris - Black Grass (MP3)
Gary Louris - DC Blues (MP3)


Acheter Vagabonds (2008, Ryko)

jeudi 17 avril 2008

Marah - Angels Of Destruction!

Marah faisait du Springsteen à une époque où c'était encore mal vu. Depuis, de nombreuses formations ont pris le train en marche, et avec des résultats médiatico-commerciaux bien plus satisfaisants (Arcade Fire, The Hold Steady). Mais le groupe natif de Philadelphie garde l'indéniable avantage de la persévérance et de l'assiduité. Voilà déjà 6 albums que les frères Bielanko prêchent la bonne parole de leurs illustres prédécesseurs aux premiers rangs desquels - outre le Boss - figurent les Replacements, Elvis Costello, les Faces ou les Stones. Un concentré de classic-rock certes, mais délivré avec une fougue et une fraîcheur demeurée intacte depuis les débuts du groupe en 1995. Marah nous avait laissé sur un chef d'oeuvre de pur rock'n'roll, le vibrant et spontané If You Didn't Laugh You'd Cry (2005). Le chaotique Angels Of Destruction! en est le digne successeur.

Rien moins que l'enfer, le paradis, Satan et Jésus sont ici conviés par un David Bielanko ex-alcoolique en cure de rédemption. Mais ce sont de bienveillants anges qui survolent l'album et le maintiennent fermement du côté de la lumière. On les croise sur le morceau d'ouverture Coughing Up Blood ("angels of mercy, children of peace") où s'entrechoquent joyeusement les instruments les plus variés. On les retrouve sur le puissant Angels On A Passing Train et son accordéon aux accents slaves. Ils réapparaissent plus loin sur la superbe complainte soul Blue But Cool ("angels will rip your chest open and fill it with flowers") et sur le ravageur morceau titre ("angels of destruction, angels of redemption's got you beat"). Mais pas trace d'eux sur LE morceau de choix, Can't Take It With You, exercice jazzy big-band - rempli à ras bord de clarinette, trombone, tuba, trompette, saxo etc - aussi exubérant que jouissif. Rarement bar-rock n'aura sonné si tourmenté, audacieux et... baroque.
[Chronique précédemment publiée sur VoxPopMag]

Marah - Can't Take It With You (MP3)
Marah - Blue But Cool (MP3)


Acheter Angels Of Destruction! (2008, Yep Roc)

vendredi 11 avril 2008

Aimee Mann - Freeway (premier extrait de @#%&! Smilers)


C'est accompagné d'une pochette ma foi assez hideuse que le nouvel album d'Aimee Mann nous arrivera le 3 juin prochain. @#%&! Smilers est annoncé avare en guitares mais fort en synthétiseurs, ce que l'on peut vérifier sur le premier titre extrait, Freeway.

Aimee Mann - Freeway (MP3)


@#%&! Smilers (sortie le 3 juin/ SuperEgo Records)

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**Bonus**

Aimee Mann - Going Through The Motions (Mp3) [sur The Forgotten Arm]


mardi 8 avril 2008

Orouni au Motel


Grand espoir de la cosmic french music generation - rappelez-vous de feu ma rubrique - Orouni est toujours dans la place. Les rumeurs faisant un état d'un deuxième album dans le courant de l'année se font de plus en plus pressantes. En attendant, on pourra aller l'écouter sur une série de dates - consultables sur sa page MySpace -, à commencer par ce soir au Motel avec Michael Wookey.

Orouni - A Greased And Golden Palm [feat. Mlie] (MP3)
Orouni - Panic At The Beehive [feat. Mlie] (MP3)

dimanche 6 avril 2008

Tift Merritt - Another Country


La genèse du disque tient en quelques lignes : usée par les longs mois de tournée qui ont suivi la sortie de son deuxième album, Tambourine, Tift Merritt décide de prendre le large direction Paris. Ce qui aurait du être un simple séjour de deux semaines se transforma vite en une sorte de résidence à durée indéterminée. Seule, connaissant mal notre langue, elle erre sans but dans les rues de Paris. La plupart des morceaux présents sur Another Country sont le fruit de cette expérience parisienne en forme de nouveau départ. Au début on est pas loin de penser que tout ça est trop lisse, qu'on préférait les territoires luxuriants de Bramble Rose, et de se désoler que notre capitale ne lui ait rien inspiré de mieux. Et puis au fil des écoutes, les subtilités et les délices de cet Another Country se dévoilent. Et une fois de plus nous voilà sous le charme de la voix et des mélodies de Tift Merritt. Prenez Broken (en vidéo live ci-dessous) et son air entêtant. Ou bien encore l'assuré I Know What I'm Looking For Now et Morning Is My Destination où le producteur George Drakoulias taille un bel écrin rock 70's à la chanteuse. Il y a aussi le rutilant Tell Me Something True, réminiscence des accents soul de Tambourine et le power-pop My Heart Is Free. Des douceurs telle que Keep You Happy et Tender Branch complètent le tableau. Tift Merritt nous gratifient même d'une chanson en français très chanson française, la ballade au piano Mille Tendresses qui clôt ce bien bel album.

Tift Merritt - Hopes Too High (MP3)
Tift Merritt - Tender Branch (MP3)





Acheter Another Country (2008, Fantasy)